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Auguste Pointelin

Arbois, 1839 - Mont-sous-Vaudrey, 1933


Sobriété, abstraction, mélancolie, paysages et couleurs froides… Auguste Pointelin est une sorte de mystique en marge des courants artistiques de son époque, réduisant au fil du temps et de ses œuvres l'espace du tableau à l'unique dualité (!) Terre-Ciel où un arbre n'est plus tout à fait un arbre mais l'axis mundi qui relie l'homme au divin.





A Dole, sur les traces d’Auguste Pointelin, peintre de l’effacement


Jean-Baptiste Duchenne

Télérama, 26/08/2018


Quasi inconnu du grand public, ce contemporain de Louis Pasteur et Gustave Courbet aimait à reproduire les paysages de son Jura natal. Le musée des Beaux-Arts de Dole l’honore enfin.

 

Le musée des Beaux-Arts de Dole convie à la découverte d’un grand inconnu : le peintre Auguste Pointelin, né en 1839 à Arbois, de parents viticulteurs et limonadiers. Arrivé au soir de son existence, l’artiste raconte qu’âgé d’une douzaine d’années, peinant à recopier un plâtre, il s’en plaignit à son professeur : « Je ne vois rien dans cette ombre ». « Eh bien ne fais rien », répondit l’enseignant. De fait, la leçon a porté et l’exposition sous-titrée « La clarté intime de la terre » démontre quel degré de beauté peut se cacher derrière le retranchement. Le lieu s’y prête bien. Le pavillon des Officiers du xviiie siècle, qui abrite le musée, a conservé de sa vocation militaire de grandes formes simples et dépouillées.

 

Nature désolée

 

Professeur de mathématiques et de dessin dans le Nord, l’artiste fit appel à son ami Louis Pasteur pour obtenir une mutation à Paris. Le chercheur est né à Dole, mais a grandi à Arbois. Il lui obtient un poste à Louis-le-Grand. Il l’aide également à décrocher des commandes publiques. Quand Courbet, Franc-Comtois lui aussi, s’intéresse aux grands escarpements rocheux, aux bêtes traquées et aux rassemblements populaires, Pointelin préfère la nature désolée. Toute sa vie il n’a pratiquement peint de mémoire qu’un motif à l’atelier : les reliefs érodés du Jura. Mais l’heure est aux impressionnistes et aux fauves, que Pointelin n’aime guère. On moque son goût pour la lumière blafarde et la répétition : « Chaque plante porte toujours les mêmes fleurs et chaque arbre, les mêmes fruits, répond-il, sans qu’on désire les voir en produire d’autres. »




Auguste Pointelin


Anne Dary

Catalogue de l'exposition Auguste Pointelin, musée des Beaux-Arts de Dole,
16 octobre - 23 décembre 1993.

Avec l'aimable concours de Samuel Monier, responsable des collections et des expositions au musée de Dole.


Découvrir l'œuvre d'Auguste Pointelin est une source d'étonnement et de plaisir car son art et sa carrière furent remarquablement atypiques et non conformes aux normes de son époque. Originaire d'un milieu modeste de vignerons arboisiens, très tôt il se découvre une vocation de peintre. Encouragé au lycée par son professeur de dessin, Victor Maire, lui-même peintre, il consacrera sa vie à son art, mais sans en embrasser la carrière. Il n'étudiera pas à l'École des Beaux-Arts, pourtant considéré, au xixe siècle comme le passage obligé de tout apprenti-artiste.

Préférant un métier qui lui assure sa subsistance mais lui laisse le loisir de pratiquer son art, il devient professeur de mathématiques. Ses premières années d'apprentissage (1858-1875) montre un artiste un peu maladroit et académique dont le genre privilégié est déjà le paysage.

La période parisienne (1878-1896) voit s'affirmer un style proche de celui de l'Ecole de Barbizon où l'artiste maîtrise peu à peu son art. Le paysage devient alors son unique thème ; il peint le Jura, son pays natal, mais aussi la côte normande et bretonne, ou encore le parc de Montsouris. La diversité de ses formats (des grandes "machines" académiques aux tableaux intimistes) et de ses techniques (huiles sur toile, pastels, huiles sur bois, fusains, mines de plomb) montrent un artiste dont l'originalité s'affirment au cours des ans ; ses œuvres se caractérisent alors par la réduction de la palette chromatique, un rendu très subtil de la lumière, une volonté de souligner la structure du paysage en éliminant tout élément anecdotique ; elles révèlent également son goût pour la matière picturale elle-même, pâte crèmeuse de la peinture sur toile, velouté des pastels, huile laquée de la peinture sur bois dont il laisse souvent la texture apparente.

Cette période de sa vie montre une carrière semi-officielle : il expose régulièrement au Salon des Artistes Français, reçoit des décorations et des commandes officielles (décoration pour l'Hôtel de Ville de Paris); régulièrement ses tableaux sont achetés par l'Etat. Paradoxalement, il expose avec les artistes officiels de la fin du xixe sans avoir de réels contacts avec eux, pratique un art radicalement différent des pompiers, et il n'a pas plus de liens avec l'avant-garde de l'époque, notamment les impressionistes, dont les recherches sont assez proches des siennes.

À partir de 1897, Auguste Pointelin se retire dans un petit village du Jura, Mont-sous-Vaudrey où il se consacre à sa peinture, tentant de rendre l'essence même du paysage. Son art s'épure presque jusqu'à l'abstraction. Ses œuvres deviennent quasi monochromes, partagées en deux parties égales, l'une sombre, la terre, l'autre claire , le ciel.

Pointelin utilise alors une toile très grossière qu'il prépare lui-même et, une peinture épaisse, granuleuse à la touche vigoureuse. L'originalité d'Auguste Pointelin réside dans son acharnement tout au long de sa carrière à ne peindre qu'une seule œuvre, essayant de rendre compte de l'essence même du paysage.

D'autres artistes, au début du xixe tenteront cette quête qui les ménera aux portes de l'abstraction comme Monet avec ses Nymphéas, ou tout à fait à l'abstraction comme Mondrian avec ses peintures Jetées et Océans ou Compositions avec + et -.

Cette volonté de Pointelin de ne pas représenter l'anecdotique et le contingent mais bien au contraire d'exprimer à travers sa peinture l'idée même de paysage, donne un caractère très moderne à sa recherche dont l'austérité et la rigueur n'ont sans doute pas contribué à la populariser. Le but de cette exposition est de faire redécouvrir la peinture de cet artiste dans toute sa force et sa totale originalité.






Auguste Pointelin

In Wikipedia : Auguste Pointelin


Né de parents limonadiers-vignerons, il décide adolescent de devenir peintre. Élève au collège d’Arbois, Auguste Pointelin suit l'enseignement du professeur de dessin arboisien Victor Maire. Sur les conseils de son maître, Pointelin devient professeur et choisit les mathématiques afin de n'avoir que quatorze heures de cours par semaine, au lieu de vingt pour les lettres. Il est tout d'abord répétiteur au Lycée de Douai puis, à partir de 1871, professeur de mathématiques au collège d'Avesnes-sur-Helpe dans le Nord.
En 1865, Pointelin se rend à Paris afin de visiter le Salon des artistes français. Ce Salon fut certainement l’un des plus libéraux, après le scandale du Salon des refusés de 1863, et plus de 3 000 œuvres y étaient exposées, dont des œuvres de Monet, Daubigny, Pissarro, Renoir, Fantin-Latour, le Portrait de Proudhon par Courbet et l’Olympia de Manet. Depuis l’école de Barbizon et Corot, le goût pour le paysage s’est propagé, et le Salon présente de nombreux suiveurs de ces peintres. Robert Fernier, fondateur du musée Gustave Courbet à Ornans, rapporte les souvenirs de Pointelin sur ce premier Salon: “Je vis des tableaux qui semblaient offrir le même intérêt par le sujet et par la manière dont ils étaient traités. Je les comparai et je compris que l'art n'était pas fait d'exécution mais de simplification”. Enthousiasmé et sûr d'y trouver un jour sa place, il y expose effectivement l’année suivante, en 1866, deux toiles. Le Salon de 1866 est particulièrement agité à la suite du suicide de Jules Holtzapffel (de), l’un des refusés, mais ce sont surtout les deux tableaux de Courbet, La Remise des chevreuils et la Femme au perroquet qui marquent le public. En confrontant ainsi ses premiers essais aux toiles des autres artistes du Salon, il juge ses tableaux "d'une convention stérile" et n'expose à nouveau qu'en 1869. En 1870, il épouse à Paris, Marie Adelina Durand et n'expose pas pendant 3 ans.
Pointelin mène une double vie : professeur de mathématiques pendant près de 20 ans dans le Nord et peintre du Jura, il ne cesse de peindre de souvenir les paysages franc-comtois et suit une carrière "semi-officielle", exposant régulièrement de 1874 jusqu'à sa mort, et récoltant prix et récompenses au cours des années mais restant en marge des cercles artistiques et des courants picturaux majeurs.
Ne cédant ni au courant réaliste, ni à l’idéal rustique des peintres de Barbizon, ni aux tentations coloristes des impressionnistes, son originalité est révélée dans son grand tableau de 1876, Sur un plateau du Jura. Récompensé au Salon par une mention honorable, et aujourd’hui conservé au musée de Dole, il surprend par la taille et l’austérité de ce paysage dénudé et inhabité. À la suite de ce succès et sur la recommandation de Louis Pasteur, le tableau est acheté par l'État. C'est à nouveau grâce à l’appui de Pasteur qu'il est nommé en 1876 au lycée Louis-le-Grand à Paris. Pointelin, malgré son choix délibéré de peindre le Jura, souhaite vivre à Paris, "milieu propice à tous les progrès". Là, comme lors de ses années passées dans le Nord, il ne s’éloigne que rarement de son principal sujet : le "souvenir affectif" des paysages jurassiens, la traduction de son émotion face à une nature dépouillée de tout artifice et de toute anecdote. Il ne peint pas d’après nature mais d’après son sentiment. Jules de Gaultier, célèbre pour son analyse sur le bovarysme, et de fait connaisseur des âmes sensibles, compare l’impression provoquée par les œuvres Pointelin au sentiment de la nature même, à l’émotion intime que l’homme éprouve face au monde. Pointelin, dans ses paysages le plus souvent et volontairement inhabités, sans scène historique ou champêtre, confronte le spectateur à sa propre solitude, "en nous inscrivant en dehors du cadre, à sa propre place, celle de l'artiste". "Pour ce "méditatif", l’image n’est rien : il va plus loin que l’image, plus loin que l’impression, plus loin que la vie terrestre… Il traduit, en d’insoupçonnables tonalités, le monde des âmes et l’immense univers des aspirations éthérées".
Préférant l'heure indécise entre chien et loup et les aubes incertaines, il devient pour le public et la critique le "peintre des crépuscules". Charles Saunier décrit des "impressions de nuit", et la lumière de ses œuvres qui se devine, se dérobe, se cherche et surprend par son intensité et son étrangeté. Dans ses fusains, les ciels sont électriques et suggèrent des bourrasques et des orages menaçants. "De loin, la profondeur du noir capte le regard, de près, la subtilité des nuances de gris foncé éclairent les paysages". Les fusains occupent une place primordiale dans son œuvre et deux articles importants lui seront consacrés par ses amis Marie Michaud-Lapeyre et Emmanuel Templeux.Ce dernier, peintre lui-même, évoque un "magma de fusain ( …) où semble-t-il, un monde invisible rayonne, agit et pense".
Dans ses pastels, les impressions colorées donnent à ses paysages d'élection une lumière plus tendre. Il expose son premier pastel au Salon de 1878 et celui-ci est tout de suite remarqué par la critique. Le renouveau du pastel, porté par des artistes très différents les uns des autres, comme Redon ou Degas, se concrétise en 1885 par la création de la Société de Pastellistes français, mais Pointelin ne participera jamais à leurs expositions. Pointelin explorera toutes les possibilités de ce medium jusqu'à la fin de sa vie, comme le fusain, ne semblant privilégier aucune technique au cours de sa carrière. Pointelin créée une atmosphère lumineuse où la solitude mène le spectateur à une rêverie méditative. "Dans les pastels les plus abstraits, les modulations sourdes et l’opacité de la matière engloutissent le spectateur dans des méandres de couleurs. Les sols se dérobent et fusionnent avec un ciel infiniment coloré. Ces pastels montrent des effets atmosphériques lyriques et oniriques plus empruntés aux derniers Turner qu’à aucun peintre français.
En 1897, Pointelin revient dans le Jura et s’installe à Mont-sous-Vaudrey, tout en conservant son atelier et son domicile parisiens. Sa vie artistique parisienne n'en continue pas moins et jusqu’à sa mort en 1933, il peint, dessine et expose régulièrement au Salon. En 1899, à l’occasion de ses 60 ans, une exposition rétrospective est organisée à la galerie des Artistes modernes, 19 rue Caumartin. Cette exposition monographique mit particulièrement en valeur son évolution et l'importance de ses pastels et fusains. Elle inaugure également une seconde vie pour le peintre, entièrement consacrée cette fois à ses recherches vers un synthétisme de plus en plus marqué, menant à une abstraction caractérisée par "la réduction de la palette chromatique, un rendu très subtil de la lumière, une volonté de souligner la structure du paysage en éliminant tout élément anecdotique".
À sa mort en 1933, Claude Roger-Marx lui rend hommage dans la Nouvelle Revue française : "À l'image de ces espaces inhabités qui sont peints toujours de souvenir, délivrés du détail et de l'éphémère, l'art de Pointelin, (...) se dénude de plus en plus (...) Éliminant de plus en plus tout accident pour s'en tenir à l'éternité du sol, aux ondulations de terrains, coupés de rares verticales, Pointelin veut que l'intérêt principal du tableau réside dans un dialogue à voix basse: celui de la terre et du ciel. Ici, de toutes les lignes, la plus pathétique se trouve toujours être la ligne d'horizon".
À Dole, la rue Auguste Pointelin porte son nom.





Auguste Pointelin


Joëlle Guyon,

In : Un Canard sur la Loue, n° 82, printemps 2007.


Pourquoi vouloir parler d’Auguste Pointelin alors qu’on fête le bicentenaire de la naissance de Jules Grévy ? Tout simplement parce que c’est une des figures marquantes de Mont-sous-Vaudrey qui a vécu au même siècle, certes décalé d’une génération. Auguste Pointelin est né à Arbois le 23 juin 1839 d’une famille de cafetiers-vignerons. Son enfance se passe dans le quartier de Courcelles, tout près de la maison paternelle de Pasteur. Il fait ses études au collège d’Arbois où il découvre très tôt sa vocation de peintre. Il fut encouragé par son professeur de dessin Victor Maire, lui-même peintre. Il obtient ses deux bacs mais il n’ira pas aux Beaux Arts car il a besoin d’un métier qui lui assure son avenir. Il devient donc professeur de mathématiques pour avoir des loisirs et faire de la peinture.
Il est nommé au lycée d’Avesnes dans le Nord où il restera onze années. Il revient passer ses vacances à Arbois et mène de front ses deux carrières : l’enseignement et l’art. Ses années d’apprentissage (1858-1875) montrent un artiste un peu maladroit et académique qui préfère déjà le paysage. En 1865, il visite le Salon des Artistes français et en 1866, il y expose pour la première fois. Robert Fernier rapporte les souvenirs de Pointelin sur ce premier salon : «Je vis des tableaux qui semblaient offrir le même intérêt par le sujet et par la manière dont ils étaient traités. Je les comparai et je compris que l’art n’était pas fait d’exécution mais de simplification. » Entre 1866 et 1869, aucune oeuvre n’apparaît au Salon, il n’occupe aucun poste d’enseignant, il séjourne probablement en Moldavie.
On sait très peu de choses sur sa vie privée, il a été marié à Marie-Louise Durant qui est morte à Arbois en 1886.
En 1876, il reçoit une mention honorable au salon pour son tableau Sur un plateau du Jura.
En 1878, grâce à l’appui de Pasteur, Pointelin est nommé professeur de mathématiques au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il obtient la médaille de 3ème classe au salon grâce à son tableau « Une prairie dans la Côte d’Or ». Pendant cette période parisienne (1878-1896), il ne peint que des paysages : le Jura, la côte normande et bretonne, le parc Montsouris. Ses formats se diversifient ainsi que les techniques : huile sur bois, sur toile, pastels, fusains, mine de plomb, aquarelle. Petit à petit, sa palette chromatique se réduit il cherche à éliminer tout élément anecdotique.

Il obtient des commandes officielles (décoration pour l’Hôtel de Ville de Paris), ses tableaux sont régulièrement achetés par l’état. D’ailleurs, il a rencontré Jules Grévy à Paris qui lui a transmis des commandes officielles pour les hôtes de l’Elysée.
Ils ont été à l’apogée de leur carrière en même temps. Evidemment Pointelin est atypique, il n’a pas de réels contacts avec les artistes officiels de l’époque et n’a pas de liens non plus avec l’avant-garde notamment les impressionnistes. Son art s’épure presque jusqu’à l’abstraction. Ses oeuvres deviennent presque monochromes, partagées en deux parties égales, l’une sombre la terre, l’autre claire le ciel. Les toiles qu’il prépare lui-même sont très grossières, la peinture est devenue épaisse et granuleuse, la touche vigoureuse. Il essaie depuis toujours de rendre l’idée même du paysage ce qui rend sa recherche très moderne.
A partir de 1897, il se retire définitivement à Mont-sous-Vaudrey où il se consacre à la peinture tout en gardant son atelier et son domicile parisiens. Il expose régulièrement au salon jusqu’au bout. A Mont-sous-Vaudrey, il participe aux activités régionales et se lie d’amitié avec beaucoup d’intellectuels de la région. Plusieurs expositions lui sont consacrées, en particulier en 1927 au Musée des Beaux Arts de Besançon. Ses dernières années sont marquées par la maladie, la vieillesse et les soucis causés par l’avenir de son oeuvre. Il reçoit de nombreuses visites, et même des jeunes peintres qui viennent lui demander des conseils. Nous avons le témoignage précieux d’un peintre Auguste Rose qui justement a profité de sa jeunesse pour oser aller frapper à la porte du Maître, alors déjà plus qu’octogénaire. Il le décrit avec une forte moustache blanche, des sourcils épais et broussailleux. Auguste Pointelin avait à Mont-sous-Vaudrey la réputation de savant, d’artiste talentueux et d’un homme sage entre tous. Il reçut très chaleureusement le jeune artiste et l’invita même à revenir souvent. Chaque fois, il trouvait une toile sur le chevalet sous la « surveillance » du Maître, attendant son accord définitif, la toile pourrait alors vivre sa vie autonome.
N’oublions pas non plus que Auguste Pointelin fait passer dans son oeuvre sa foi en une spiritualité indestructible. Il raconte à notre artiste l’influence de certains voyages. C’est entre Auxonne et Dijon qu’une impression décisive oriente son oeuvre vers le paysage. D’un voyage qui le conduit d’Arbois à Genève, il regarde la nature par la fenêtre du train et dit : « Ce fut là mon premier entretien avec la nature. Puis j’ai eu la révélation du Jura, plus exactement du plateau jurassien. J’avais le loisir de regarder, de voir la région que je traversais et d’en ressentir des émotions profondes. Dirai-je effectivement que j’en ai eu la révélation ?(...) Ma voie apparaissait nettement, je ne l’ai plus quittée depuis.(...) J’ai toujours cherché depuis à rendre l’émotion qui se développait en moi, n’en trouvant aucune autre qui soit aussi vive, aussi pure. La nature, dans sa solitude, est capable de conduire au lyrisme. »
Auguste Pointelin meurt le 9 avril 1933 à l’âge de 93 ans à Mont-sous-Vaudrey. On peut encore y voir sa maison familiale qui est l’actuelle médiathèque.
Si vous avez envie de voir des œuvres d’Auguste Pointelin, allez au Musée Sarret de Grozon à Arbois (ouvert seulement en juillet-août), aux Musées de Dole, de Lons-le-Saunier, de Besançon.