Hyacinthe Besson

(1843-1900)


Hyacinthe Besson, né à Besançon le 10 avril 1816 et mort au couvent de Mar-Yacoub près de Mossoul (Irak) le 4 mai 1861.


• Un revers de fortune obligea sa mère à se placer à Paris où elle fit venir son fils. Celui-ci manifesta, dès le collège, un goût très vif pour le dessin en surchargeant ses cahiers de caricatures et de portraits parmi lesquels son propre portrait qu'il dessina en 1834. On confia le jeune-homme au peintre souchon, élève de Davis, et les progrès furent si rapides que dès 1843, Besson put réaliser le portrait de l'abbé Leclerc son bienfaiteur. En même temps il suivit les conférences du socialiste chrétien Buchez, où il rencontra Eugène Bion, Jean Du Seigneur, de Steinle, Boileau, Louis-Alexandre Piel et Pierre Requédat. Collaborateur de Piel dans les articles de critique d'art qu'il publiait à l'Européen, Besson encouragea encore Souchon, son maître, à peindre un Poème de Jeanne d'Arc en trois tableaux: Vocation, Victoire et Martyre de l'Héroïne. Dans une idée d'apostolat social, il composa des dessins destinés à remplacer, par des sujets religieux et légendaires, accompagnés d'un texte explicatif, les images d'Epinal qui avaient peuplé les mansardes populaires de complaintes illustrées de crimes célèbres et de représentations des batailles de l'Empire. Ces dessins furent gravés sur bois à Metz et édités à Paris par Eveillard, disciple de Buchez. On cite un Christ prêchant la fraternité au monde. Lié avec le fils du duc de San-Carlos, depuis le collège, Besson devint professeur des filles de ce personnage, ancien ambassadeur d'Espagne. Il partit ensuite pour l'Italie avec Souchon, son maître et. Sigalon qui venait de recevoir la commande d'une copie du Jugement dernier, de Michel-Ange, aujourd'hui à l'Ecole des Beaux-Arts. Ce voyage fut une révélation pour l'artiste qui l'exécuta en voiturin par Lyon, Avignon, Marseille, Nice, Gênes. Florence, Sienne, Pérouse et Assise. Il y dessina des vues de cloîtres, des intérieurs d'églises et des paysages. De retour à Paris. il eut le désir de devenir élève d'Ingres, mais le départ de ce maître pour Rome l'obligea à entrer dans l'atelier de Paul Delaroche. ll y reprit l'étude du dessin, fit des études d'anatomie sous la direction du chirurgien Tessier, son ami, exécuta au Louvre en particulier celle de l'Ensevelissement, du Titien qu'il donna à l'abbé Desgenettes et qui orna longtemps la sacristie de l'église Notre-Dame-des-Victoires, à Paris. Avec Piel et Roux-Lavergne, il étudia passionnément l'esthétique de Notre-Dame de Paris, où il flt un moulage de la tète du Christ dans le bas-relief du choeur représentant Notre-Seigneur instituant l'Eucharistie. En mai 1837, la vocation religieuse de Besson et de Roux-Lavergne, son ami, se dessina et les conduisit chez l'abbé Desgenettes, curé de Notre-Dame-des-Victoires qui accueillit bientôt plusieurs autres disciples de Buchez. En 1838, Besson s'installa à Rome avec sa mère : il y fit de nombreux croquis et des études peintes d'après la campagne romaine. En 1839, il se lia avec l'historien Cartier et se rendit à Assise où il exécuta douze dessins d'après les fresques attribuées à Cimabüe, puis dix-sept autres dessins d'après celles de Giotto. Ses dessins très librement traités lui révélèrent le secret du génie et des procédés des Primitifs italiens. Il y ajouta une suite d'études de la Vie du Christ, d'après Taddeo Gaddi et Puccio Capanna; de la Vie de la Vierge Marie, d'après Giunta Pisano; de la Vie de saint Martin, d'après Simone Memmi; de la Vie de sainte Catherine d'Alexandrie, d'après Pace di Faenza, des compositions de groupes et de madones; des paysages, parmi lesquels un fusain d'après l'immense plaine où se déroule en serpentant Le Rivo-Torto. Le 8 avril I829, Lacordaire et Requédat, anciens disciples de Buchez, revétaient la robe des Frères-Précheurs, à Rome.


Hyacinthe Besson, porteuses de linge
Hyacinthe Besson (1816-1861), Porteuses de linge, musée du Louvre département des Arts graphiques.

La veille de cette prise d'habit, Requédat demanda à Piel, son ami, de proposer aux peintres Besson, Cabat et Cartier, fixés à Rome, d'y fonder la Confrérie de Saint-Jean. Le 4 juillet suivant, Besson reçut de Lacordaire le règlement de cette Confrérie dont, il fut un des premiers membres. Dès le début de 1839, il travailla à un tableau représentant la Résurrection de Lazare, sur les indications de Lacordaire. Remanié après son séjour à Assise et malgré les encouragements du peintre allemand Overbeck, ce tableau resta à l'état d'esquisse, aujourd'hui chez les Dominicains de Saint-Clément à Rome. Besson se rendit ensuite à la Quercia où il fit une copie de la Mère de Dieu, de Martello, dit Le Monetto, destinée au premier couvent des Dominicains que Lacordaire construirait en France. En 1840, l'artiste abandonna le monde pour l'ordre des Dominicains. Le 16 mai de la même année, il entra au couvent de Sainte-Sabine où Lacordaire installa les disciples qu'il destinait au rétablissement des Frères-Précheurs en France, puis commença son noviciat à Saint-Clément. Il y eut pour condisciples Piel, Hernsheim, Jandel, Aussant, Bourard, Rey, d'Arres, Bonhomme et Danzas, groupe qui comptait quatre peintres : Besson, Aussant, Bonhomme et Danzas, et un architecte : Piel. De Rome, Besson fut envoyé au couvent de Bosco, en Piémont, avec ce groupe d'artistes qui visita Florence et Sienne. Le 29 mai 1842, il fit sa profession religieuse. Quand il entra dans l'ordre des Dominicains, Besson avait renoncé à la peinture. Il voulut même détruire ses dessins qui étaient restés à la Minerve, mais Lacordaire les donna au peintre Claudius Lavergne. En 1845, il fut nommé directeur du noviciat de Chalais,près de la Grande-Chartreuse (Isère). Vers cette date, le P. Aussaut ayant été autorisé à peindre le portrait du P. Besson, celui-ci oublia ses serments et peignit un Baiser de saint Dominique et de saint François qui appartint successivement à Mme de Mesnard et à Mgr Mermillod.