Auguste André Lançon

(1836-1887)


André Lançon dit Auguste Lançon à partir de 1872, né à Saint-Claude (Jura) en 1836 et mort à Paris en 1887, est un peintre, graveur et sculpteur français.


• André Lançon étudie à l'école des beaux-arts de Lyon et finit ses études à Paris. Il devient sculpteur animalier par admiration pour les œuvres d'Antoine-Louis Barye. Lançon expose ses œuvres pour la première fois au Salon de Paris en 1861, et jusqu'en 1870. Pendant la Guerre franco-allemande il est sergent d'un bataillon. Lié à la Commune de Paris, il est emprisonné pendant six mois. À sa libération, il change son prénom et se fait désormais appeler Auguste Lançon. Il devient peintre militaire et participe à la Guerre des Balkans en 1877. Il a gravé plusieurs eaux-fortes montrant des scènes de guerre dont il avait été témoin, dont un essai d'Eugène Véron (1876) et pour L'Eau forte en six gravures (1874-1881) chez Alfred Cadart1. En 1893, la rue Auguste-Lançon à Paris (13e arrondissement) prend son nom en hommage. Son atelier d'artiste, parfaitement conservé, existe toujours dans sa maison natale, à Saint-Claude, 3 rue du Collège.

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• Auguste-André Lançon naquît le 16 décembre 1836 à Saint-Claude. Il fait ses études au collège de Saint-Claude, et à l'âge de dix sept ans, il entra comme apprenti dans une imprimerie de Lons-le-Saunier. Ce fut un court apprentissage. A Lyon, il se perfectionna dans son métier d'ouvrier lithographe. Entre temps, il prenait part au concours d'entrée à l'Ecole des beaux arts de Lyon. Reçu à l'école, il fut admis presque immédiatement à suivre les leçons du directeur, le peintre Bonnefond qui avait remarqué tout de suite ses dispositions pour le dessin. Après ce séjour à Lyon de 1853 à 1857, il vint à Paris et entra, en 1858, dans l'atelier de Picot où pour ainsi dire, il ne fit que passer. Les spectacles multiples constamment renouvelé de la rue, le jardin zoologique, la morgue, le sollicitent bien plus que l'enseignement froid et correct d'un membre de l'institut qui répugnait à sa nature. En 1861, il produisait ses premiers tableaux, on vit à l'Exposition de Lyon des Turcos et à Paris au salon, le portrait de M. Lançon père. Dès 1860 Lançon collaborait au Temps, illustrateur universel au côté de Daumier et à l'Illustration. Pas de salon en 1862, en 1863 le jury accepte une peinture de Lançon le Cimetière des moines. Par contre il refusait la seconde toile : La sentinelle et le Clairon présentée par l'artiste. Lançon n'était pas le seul à essuyer les réprobations du jury : il était en bonne compagnie avec Manet, Jongkind, Whistler, Pissarro, Fantin-Latour, et d'autres encore. Au salons suivants Lançon exposa Un ours dans un paysage (1864), Cuirassier en vedette (1866). Sous l'influence de Delacroix, il peignit un Arabe terrassé par une lionne et Un tigre buvant au salon de 1868, il a grande tournure, et il suffisait dès lors à montrer quelle connaissance approfondie Lançon avait, à cette époque, de la musculature et du pelage des grands félins. Au salon de 1869, deux tableaux y figuraient : Mil huit cent treize et des Lions. Son talent en plein développement, allait se donner libre carrière dans l'eau-forte. Il se servit de ses dessins pour illustrer La troisième invasion d'Eugène Veron (juillet 1870 - mars 1871). A coup sûr c'est le commentaire le plus saisissant et le plus lugubre sur la guerre. Le nom de Goya fut prononcé lorsqu'on vit exposé au Salon de 1873 une première suite de dix sept eaux-fortes consacrée à la campagne franco-allemande. Les connaisseurs ne se trompaient point. Et, sans essayer de faire ici un parallèle entre les eaux fortes de Lançon et les planches des désastres de la guerre du maître espagnol, nous pouvons affirmer que notre graveur, avec plus de précision, atteint la puissance dramatique de Goya. Aux salons des années suivantes, il produisit de nouvelles séries d'eaux-fortes qui achevèrent de consacrer sa réputation. Il exposa aux salon de 1874, 1876, 1877, 1879, 1880, 1882 des peintures. Lançon fut un travailleur infatigable jusqu'au dernier moment, très malade du diabète, il se fit transporter à l'hôpital Necker où il mourut le 14 avril 1885, il avait quarante huit ans. Il fut inhumé au cimetière Montparnasse : sur sa tombe fut inauguré en novembre 1891 un petit monument élevé par souscription : une stèle surmontée du masque de l'artiste en bronze par son compatriote Charles Gautier, avec un bas-relief reproduisant une de ses eaux-fortes : le Lion buvant.

(Bibliographie : Extraits de la gazette des beaux-arts de 1920 par Charles Léger)

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