Pierre-Alexandre Jeanniot

(1826-1892)


Né à Champlitte en Haute-Saône le 28 mai 1826 ; mort à Vesoul le 16 mai 1892. Élève de Diday et de Calame à Genève en 1847 ; directeur de l'école des beaux-arts de Dijon de 1873 à 1879.

In : Dictionnaire des Artistes et Ouvriers d'Art de la Franche-Comté
Abbé Paul Brune, 1912




Dans le quartier du Parc, la rue Jeanniot est ­perpendiculaire à la rue ­Chevreul, à hauteur du parc de la piscine du Carrousel. Mystère, Monsieur Jeanniot est sans prénom. Les dates et la fonction, sur la plaque, apportent la solution. De 1872 à 1880, le ­directeur de l’école des Beaux-Arts a été le peintre paysagiste Pierre-Alexandre Jeanniot, où il enseignait déjà depuis 1851. Né à Dijon1 en 1826, Pierre-Alexandre se marie en 1847, et Pierre-Georges2 naît en 1848. Entre le père et le fils s’installe une complicité autour de la peinture qui les réunit aux Beaux-Arts, l’un étant le maître, l’autre l’élève. Pierre-Georges dépassera les deux pour devenir un peintre, graveur et illustrateur célèbre, ami de Manet et Degas qu’il invitait souvent dans son atelier de Diénay, près d’Is-sur-Tille. Les Jeanniot père et fils ont vécu, moins de cinquante ans avant, les mêmes relations que Ruiz-Blasco­Picasso et son fils, sans que Pierre-Georges n’atteigne les mêmes sommets que Pablo. Trois œuvres de Pierre-Alexandre Jeanniot sont exposées au musée des Beaux-Arts, représentant l’entrée, la porte de secours et la tour Guillaume du château de Dijon, et sa Vue de Savoie est visible au musée Magnin.

Article paru le 06/04/2011 dans Le Bien Public.





1) Contrairement à ce que semble croire le journaliste du Bien Public, P.-A. Jeanniot est bien né à Champlitte et non à Dijon.


2) Pierre Georges Jeanniot, né à Plainpalais près de Genève (Suisse), le 2 juillet 1848 et mort à Paris le 9 janvier 1934, est un peintre, dessinateur, aquarelliste, et graveur français.
L'éducation artistique de Pierre Georges Jeanniot a commencé auprès son père, Pierre Alexandre Jeanniot (1826-1892), longtemps directeur de l'école des beaux-arts de Dijon. Pourtant, Jeanniot entame tout d'abord une carrière militaire, en tant qu'officier d'infanterie(1866-1881), sans jamais cesser de dessiner. Il expose pour la première fois en 1872 au Salon où il présente une aquarelle sous le titre Intérieur de forêt. Ainsi, chaque année, il y présente des œuvres avec des vues de Toul, Paris, Troyes, des bords de Seine et quelques portraits, ainsi que des eaux-fortes qu'il fait tirer d'abord chez Cadart.
En 1881, alors que l'armée lui propose le grade de commandant, il démissionne pour se consacrer exclusivement à la peinture et à la gravure. Les œuvres de cette époque représentent des scènes de la vie militaire qui lui permettent de se forger une réputation. Jeanniot s'établit de manière permanente à Paris en 1882 et obtient sa première récompense l'année suivante (médaille de troisième classe au Salon de Paris) avec sa toile les Flanqueurs (1883, anciennement au musée du Luxembourg). En 1886, la Ligne de feu, souvenirs de la bataille de Rezonville (musée de Pau) assure sa notoriété.
À Paris, il se lie d'amitié et laisse de précieux souvenirs sur Édouard Manet, dont il fait le portrait gravé en 18822, Pierre Puvis de Chavannes, Jean-Louis Forain, Paul Helleu, mais surtout avec Edgar Degas qu'il vénérait comme un maître et avec qui il partagera beaucoup de temps dans sa maison familiale de Diénay (Côte d'Or).
En qualité de dessinateur, il a été un des collaborateurs assidus de la première heure de la revue La Vie moderne, fondée en 1879 par Georges Charpentier, qui affichait également les signatures de Théodore de Banville, Alphonse Daudet, Giuseppe De Nittis, et contribua à d'autres revues illustrées comme La Lutte moderne, La Vie parisienne, L'Assiette au beurre et au Courrier français.
Sa fille Marcelle, comédienne à l'Odéon, ayant épousé Charles Dullin en 1920, Jeanniot va également participer aux débuts de la jeune troupe de L'Atelier, exécutant des dessins sur le vif en répétition et des essais de costume, qui sont de véritables outils de travail et de mémorisation pour le metteur en scène.
Le dessin fut toujours sa passion et sa force. Son trait vivant, expressif et animé excellait à rendre avec humour les scènes pittoresques de la vie de ses contemporains6. Pendant les trois décennies suivantes, il illustre un grand nombre de livres et manuscrits, y compris Le Voyage de Paris à Saint-Cloud, Germaine Lacerteux, Tartarin de Tarascon, Adolphe de Benjamin Constant, Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, Le Misanthrope de Molière et Contes Choisis de Maupassant, Contes choisis" (Guy de Maupassant, 1886), Le Calvaire d'Octave Mirbeau (1901), Les Paysans d'Honoré de Balzac, (1911), Candide de Voltaire et de nombreuses autres œuvres littéraires.
Plus tard, il devient directeur artistique du Journal amusant en même temps qu'il collabore au Rire et à L'Écho de Paris.
En 1895, Degas acquiert le Conseil de révision sans que l'on sache s'il s'agit d'un hommage à l'art de Jeanniot ou d'une délicate attention à l'égard d'un homme qui a beaucoup reçu à sa table.
Le gouvernement français le nomme chevalier de la Légion d'honneur en 1906, puis officier par décret du 9 août 1929.
Grand collectionneur des toiles de ses contemporains, il possédait entre autres le Dîner au pavillon d'Armenonville d'Henri Gervex (1852-1929).

wikipedia : Pierre-Georges Jeanniot.

Pierre-Alexandre Jeanniot, Déposition de croix, musée de Belfort
Pierre-Alexandre Jeanniot (1826-1892), Chalet en montagne, coll. part.