Gaston Robbe

(1900 - 1954)


Mort prématurément, Robbe, laisse une œuvre magnifique de solidité aux dessins vigoureux, aux couleurs étonnantes de réalisme. Il fait penser à Zingg mais dans une pâte plus dense. On est tenté de dire que ses paysages sont taillés à la hache avec une sorte de ferveur et de respect.

Michel Lescoffit, Les peintres paysagistes de l'école comtoise.


• Que les peintres ont de la chance ! Surtout si on les compare aux poètes dont le sort est si pitoyable...Qu'un nouveau poète surgisse, qu'il écrive pour sa joie un poème grandiose, que ce coup d'essai soit bien un coup de maître, qui le saura, hormis lui et quelques amis ? Tout autre est le destin des peintres. Dès qu'ils ont atteint à la beauté, ils ont toutes les facilités possibles pour exposer leur œuvre aux regards. C'est d'ailleurs ce qui nous permet de dire très haut que, dans la ligne de Zingg et de Roz un peintre comtois est né et qu'on reparlera certainement de Robbe.
Le peintre Robbe – qui habite au Russey – est un des rares artistes qui puissent se vanter d'avoir accompagné Zingg dans ses courses à travers les champs enneigés. Le grand peintre et le peintre nouveau plantaient leur chevalet côte à côte. La fougue, la joie profonde de Zingg aux prises avec la nature se communicaient à Robbe dont le coeur battait depuis longtemps pour cette montagne familière. Maintenant, il ne se contentait plus de la « sentir ». Il savait l'exprimer. Nous le constatons à la vitrine bisontine de M. Demenge.

Combien nous avons aimé, de Robbe, son Bois du Fourg, enlevé dans une sorte de fièvre picturale, et ses calmes, ses infinis paysages de neige ou l'hiver souffle sa froide haleine. Toute une partie des montagnes du Doubs, des hauts plateaux et des moyens plateaux, est aussi exprimée avec vigueur et avec sève : Le Russey, Bretonvillers, Noêl-Cerneux, Laval-le-Prieuré, Combe-au-Page, La Chenalote, Rosureux, tous ces noms charmants précisent la situation de ces décors glacés qui parlent aussi haut que les chaleureux paysages de Provence à l'âme du méridional exilé.

L'influence de Roz, jointe à celle de Zingg, est sensible dans ses pages où cependant le peintre Robbe est assez fortement lui-même. Quelle école, quel enseignement, quel académisme ou quel passéisme l'auraient gaté ? Il n'a jamais pris de leçon ! Il peint commele douanier Rousseau, d'intinct, et son instinct est sûr, comme son bon sens. On ne peut s'attendre de sa part à aucun excès de naïveté ou de brutale ardeur, car c'est un esprit cultivé, un méditatif et un solitaire. Il n'a recours à aucune ficelle. Il admire quelques peintres, il aime ses montagnes, il aime sa palette et il respecte son pinceau. Voilà, je crois tout son programme. Au revoir, Monsieur Robbe !

S.Peuteuil, Franche-Comté Monts-Jura, n° 189, avril 1935.


• Gaston Robbe était notaire au Russey (Doubs) et il dessinait. Sur les conseils de Jules-Emile Zingg, il se met à peindre. Lors d’un séjour à Venise en 1936 il rencontre Albert Marquet qui l’encourage à se consacrer entièrement à la peinture. Robbe abandonne son premier métier en 1939 et tente de vivre de son art, auquel il s’adonne avec ardeur. Il peint son pays, le Haut-Doubs, les hivers du Hauts-Doubs, des portraits et des natures mortes. Robbe expose autant que possible dans diverses manifestations régionales, notamment au Salon des Annonciades à Pontarlier à partir de 1935. Remarqué par la critique, son nom revient régulièrement dans la presse où l’on salue son style très personnel dans la lignée de Zingg, et l’adéquation de sa peinture avec les paysages du Haut-Doubs.

Gaston Robbe, Salins-les-Bains
Gaston Robbe, Salins-les-Bains

En 1951, le peintre parvient à exposer seul dans une galerie parisienne, où il commence à se faire une réputation dépassant le cadre régional. Malheureusement, de santé fragile, Robbe ne se verra pas concacré de son vivant. C’est trois ans après sa disparition, en 1957, qu’une rétrospective de son oeuvre est organisée au palais Grandvelle à Besançon.
Artiste prolifique, représentant incontournable du Salon des Annonciades, ce contemporain de Robert Fernier et d’André Charigny, ami de Pierre Bichet, Georges Oudot, ou encore Roland Gaubert, n’a pas encore fait l’objet d’exposition au musée de Pontarlier.

L’exposition d’automne, organisée conjointement par le musée et l’association des Amis du Musée de Pontarlier, sera l’occasion de réparer cet oubli. La soixantaine de tableaux exposés permettront de mieux comprendre la peinture de Gaston Robbe, et de la diffuser grâce à la publication d’un cahier de l’exposition.

In : Musées en Franche-Comté

Œuvres de Gaston Robbe au musée de Pontarlier :

Fin de l'Hiver à Salins, huile sur toile.

Environs de pontarlier - Le Lac Saint Point, Affiche publicitaire.

Largillat, huile sur isorel.

Soir à Montflovin, huile sur contreplaqué.

Barbeau, huile sur isorel.

Autoportrait à la pipe, huile sur contreplaqué.

Route de Bonnétage, huile sur toile.

Cussey, huile sur isorel.

Paysage d'hiver, huile sur isorel.

Plateau de Morteau, huile sur isorel.

Site de  : Jean-Louis Lambert

Voir également le site de  : Jean-Michel Desmicht,
avec de nombreuses photos des peintures de G. Robbe.