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Maurice Ehlinger

Champagney, 1896 - Belfort, 1981


Maurice Ehlinger, né le 25 septembre 1896 à Champagney (Haute-Saône) et mort le 26 août 1981 à Belfort, est un artiste peintre français.


• Maurice Ambroise Elhinger a passé une partie de son enfance à Saint-Dié-des-Vosges, avant de s'installer à Andelnans, à proximité de Belfort, où son atelier de peinture « lui permettait de regarder la ligne bleue des montagnes vosgiennes », qui représente le thème principal de la majorité de ses tableaux vosgiens, la grande majorité de ses œuvres étant des nus féminins.
Plusieurs de ses œuvres sont exposées au musée Pierre-Noël de Saint-Dié-des-Vosges.

In : Wikipedia : Maurice Ehlinger.




Le maître du nu et du portrait


• « Ce qui a décidé de ma vocation ? Un catalogue illustré de l’exposition de 1900 ! J’avais tout juste quatre ans. Je me suis dit: "Moi aussi, je ferai des tableaux !". Je dessinais beaucoup et je m’échappais dans la nature où je m’intéressais à tout. Il m’est arrivé souvent de faire l’école buissonnière, emportant avec moi du papier et des couleurs. »
Cet enfant, épris d’indépendance, marqué par le destin — l’appel de l’ange… — allait devenir un artiste mondialement connu.
Né d’un père alsacien, originaire de Saint-Amarin, qui avait refusé l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne en 1871 et d’une mère comtoise, Maurice Ehlinger va s’épanouir dans le piedmont haut-saônois des Vosges. Deux rencontres providentielles vont décider de son avenir : celle d’un ami, peintre décorateur, excellent pédagogue, lointain parent du célèbre Henner et l’oncle curé qui pousse les parents de Maurice à envoyer celui-ci à l’école des Beaux Arts de Nancy. Incorporé en 1916 il combat notamment au Chemin des Dames et sur les hauteurs d’Altenbach, tout près du berceau de sa famille. Il échappe au moins deux fois à la mort d’extrême justesse et est enfin démobilisé en 1919.
Aussitôt, Maurice décide de monter à Paris où il est d’emblée accepté à l’Ecole Supérieure des Beaux Arts par le maître F. Flameng, admiratif devant les œuvres présentées. « Celui-là vous dépassera tous » dit-il à ses élèves rassemblés. Obligé de subvenir à ses propres besoins, ayant perdu son père, il devient professeur de dessin dans un cours du soir, ce qui lui laisse le temps de peindre et lui permet d’acquérir un atelier. Reconnaissant envers ses maîtres, il voudra être, à son tour, un relais sans concessions pour les modes, soucieux seulement de la recherche de la beauté par la vérité.
« Ce n'est pas si simple d'être juste avec la réalité. »

Maurice Ehlinger, Le repos du modèle
Maurice Ehlinger (1896 - 1981), Le repos du modèle, coll. part.


Prenant pour base le dessin de Holbein et d’Ingres, fidèle à sa conception de l’art, il devient l’interprète raffiné de la beauté féminine. Tous ces nus aux corps parfaits, irisés d’une lumière dorée, chatoyante, toutes ces jeunes adolescentes aux poses alanguies attestent non seulement une maîtrise parfaite mais, surtout, un émoi irrépressible. Ehlinger ne disait-il pas à ses modèles préférés : « Petite, ne regarde pas au-dessus de mon épaule quand je peins, vois-tu, c’est une lettre d’amour que j’écris ».
Il y a aussi tous ces portraits — aboutissement suprême de l’art, selon Cézanne — parfaitement exécutés. L’exactitude de l’observation, la pureté du trait confèrent à chaque sujet une personnalité évidente, son authenticité.
À partir de sa résidence d’Andelnans, La Clairie, un charmant manoir, il est souvent présent en Alsace, assidu aux réunions de l’Académie d’Alsace, visitant ses clients et amis : le galeriste mulhousien Gangloff et le peintre Alfred Giess de Morschwiller-le-Bas. Profitant des beaux jours il s’adonne à de fréquentes randonnées dans le massif du Ballon d’Alsace pour peindre quelques nus de plein air au bord du lac de Neuweiher ou pour fixer sur la toile tel paysage préféré.
Les expositions et les concours se succèdent ; les tableaux se vendent à un rythme régulier dans le monde entier. Maurice Ehlinger, artiste complet, sera sollicité jusqu’à la veille de sa mort, en juillet 1981, où il laissera son ultime opus : un bouquet inachevé.
Nimbé de sa devise :
« De mon labeur, Beauté et Vérité seront ! »
Plusieurs de ses œuvres sont exposées au musée Pierre-Noël de Saint-Dié-des-Vosges.

Avec l'aimable auorisation de R. Witze et F. Walgenwitz, in : Alsace-Collections.fr