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Alice Rahon

Chenecey-Buillon, 1904 - Mexico, 1987


Plus je lis des «choses» sur la vie d’Alice Rahon moins je crois qu’elle ne se soit jamais sentie vraiment Franc-Comtoise. Bretonne peut-être. Mexicaine sans doute. Mais Franc-Comtoise rien n'est moins sûr. Le hasard l’a fait naître ici (Chenecey-Buillon dans le Doubs) plutôt qu’ailleurs (Goulven sa «fausse» ville natale dans le Finistère). Mais qu’importe après tout ? «Les gens qui sont nés quelque part» finissent souvent par fatiguer leur monde… quoique l’on puisse vivre toute sa vie à Amherst et n’en être pas moins génial… géniale en l'occurrence.
J’entretiens à l’endroit du surréalisme des sentiments inégaux et souvent contradictoires qu’un manque de culture ou de vocabulaire m’empêche de bien décrire. Peut-être est-ce le fait que je ressente, souvent mais peut-être à tort, une sorte d’unanimisme intellectuel favorable à son sujet qui ne laisse pas de me contrarier un peu… encore que Frida Khalo, amie de Rahon, traite, dans une de ses lettres, les surréalistes de, je cite, fils de putes lunatiques ou encore de foutus intellectuels pourris… Bref…
Toujours est-il que cette expérience, si j’en discerne à peu près bien les tenants, me laisse quelque peu dubitatif quant à ses aboutissants… si toutefois il y en a… et ne serait-ce pas, finalement et pour reprendre la célèbre expression de Tzara à propos de Dada son ancêtre putatif, de la merde ? Je ne me sens ni légitime ni qualifié pour donner un avis sûr et définitif… quoique… Difficile en tout cas pour la jeunesse d’après guerre, la Grande, d’échapper à l’attraction de cette planète… de ne pas vouloir, déjà ou encore, changer le monde, changer la vie
J’aimerais beaucoup connaître le chemin, que j’imagine tortueux et improbable, qui conduisit une jeune fille de modeste extraction des communs d’un hôtel à la fréquentation de Pablo Picasso, d’André Breton ou encore de Man Ray… Être jolie fille ne suffit assurément pas même si incontestablement ça peut aider… Le mariage avec un peintre-philosophe… et puis le tour du monde en compagnie d’une amie… et puis Frida Khalo… Trotski sans doute aussi… des expositions personnelles aux États-Unis, au Mexique… et finir oubliée, loin du pays qui l’a vue naître, dans une maison de retraite à Mexico…
Alice Rahon est une des très belles surprises que m’a procuré la recherche dans laquelle je me suis lancé pour la construction de ce site. Sa vie de roman ne laisse pas de satisfaire une attirance personnelle pour ceux que le fatum décide de prendre sous son aile dès le berceau et de ne plus lâcher…


• Alice Rahon, née à Chenecey-Buillon (Doubs) le 8 juin 1904 et morte à Mexico en 1987, est une poétesse et artiste peintre surréaliste française.

Alice Rahon passe son enfance et sa jeunesse à Paris. En 1931, elle rencontre le peintre autrichien Wolfgang Paalen(1). Ensemble, ils participent aux activités des surréalistes. Ils se marient en 1934. En 1936, son premier recueil de poèmes À même la terre paraît aux Éditions Surréalistes, avec une gravure d’Yves Tanguy et une maquette de Benjamin Péret.

 

« le museau de bois à la place du visage

arqué par la folie sur le feu de nuit

tu respires les mots empoisonnés

ce fil tissé à la hâte

cette bave éclatante

ces cris d’herbe sous le pied

ces toiles lourdes d’encre

cette spirale vibrante d’eau

ce museau

cette pointe

noué dans la crainte du rire sans remède »

 

Elle a une liaison avec Picasso. Wolfgang Paalen menace de se suicider. Alice Rahon part en Inde avec Valentine Penrose(2).

En 1938, paraît le recueil Sablier couché aux Éditions Sagesse, avec une gravure de Joan Miró.

En 1939, avec Wolfgang Paalen, elle émigre au Mexique en passant par la côte ouest du Canada et des États-Unis où ils admirent l’art amérindien. À Mexico, ils rencontrent les peintres Frida Kahlo et Diego Rivera et participent à la première exposition internationale du surréalisme organisée à la galeria de Arte mexicano.

En 1941, après la publication du recueil Noir animal, aux éditions Dolores, elle abandonne l’écriture pour la peinture et adopte son nom de naissance. Avec Paalen, elle participe à la création de la revue Dyn qui comptera six numéros jusqu’en 1945.

Elle divorce puis se remarie en 1946 avec Edward Fitzgerald qui a réalisé des décors pour le cinéaste Luis Buñuel.

En 1947, ils réalisent un court-métrage de marionnettes Le Magicien.

En 1956, la galerie parisienne La Cour d’Ingres organise une exposition personnelle de ses œuvres qui ne suscite aucune réaction de la part d’André Breton, plus sensible à ses poèmes qu’à sa peinture.

En 1960, elle divorce à nouveau puis se retire dans sa maison de San-Angel.

En 1986, une rétrospective est organisée à Mexico.

In : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Rahon

(1) Wolfgang Paalen, né le 22 juillet 1905 à Vienne en Autriche et mort le 24 septembre 1959 à Taxco au Mexique, est un peintre, sculpteur et philosophe. Membre du groupe surréaliste autour d'André Breton en 1935, il joue un rôle capital comme peintre et inspirateur pendant son exil à Mexico après 1939. Il est fondateur et éditeur du magazine contre-surréaliste DYN, par lequel il cherche à réconcilier des tendances matérialistes et mystiques (délits en surréalisme) par sa philosophie de la contingence comme substitut au principe surréaliste de la nécessité involontaire. Il apparaît comme l'un des plus influents théoriciens de l'art abstrait pendant la Seconde Guerre mondiale.
(2) Valentine Penrose, née Boué à Mont-de-Marsan (Landes) le 1er janvier 1898 et morte à Chiddingly, East Sussex (Angleterre), le 7 août 1978, était une écrivaine (poésie et prose) et une plasticienne (collages) surréaliste française.



• Alice Marie Yvonne Philippot (Alice Rahon) was born in Chencey-Buillon, Quingey in Eastern France, on June 8, 1904. Raised in a humble family, her mother was a cook in a Parisian household, and her father worked as a valet. Her best childhood memories were from the days she spent in Roscoff, northwest of France, with her paternal grandparents, spending time on the beach amidst the sand, the waves, and the wind. At a very young age, Rahon had an accident that marked the rest of her life; she broke her right hip, and was forced to spend the following months and years on bed rest. Alice coped with this obstacle, by filling her days with reading, painting, and drawing—the beginning of a life-long creative endeavor. At age twelve, however, she suffered another accident and broke her leg, which actually alleviated her limp. Another great tragedy in Rahon’s life was the birth of a son who had a congenital anomaly and died very soon after. Not much more is known about who the father was or the story of her pregnancy, but the physical pain and the loss was something that followed her through out the rest of her life.
In 1931, Alice Rahon met Wolfgang Paalen, an Austrian painter, in Paris. Paris acted as the cradling arms for her creative life; it was here where she dabbled in poetry and was introduced to the surrealist movement. In March of 1934, she married Paalen. This first marriage was of great influence for her artistic life. Sharing the love for places and objects corresponding to prehistoric myths, the couple lived a nomadic life for the first years of their relationship.
Traveling to Spain in 1933, Rahon and Paalen toured the Altamira caves with its prehistoric paintings. Excursions to Greece, India, Alaska and Mexico appeared as influences in her writing and, later on, her painting. Her trip to India with the poet Valentine Penrose in 1936 was her intent to escape from a brief affair with Pablo Picasso. Alice encountered India, and fell in love with the light, the children, the mysticism, the dances, and the elephants. In these years her writing flourished. Her first collection of poems À même la terre was published in 1936, and followed by Sablier couché in 1938, which received high praise from André Breton, known as the founder of Surrealism.
Although Rahon traveled extensively through Europe and Asia, Mexico stood as the epicenter of her art. In 1939, Paalen, Rahon, and Eva Sulzer (one of Rahon’s most loyal friends), were invited by Frida Kahlo to travel to Mexico. First, they decided to visit Alaska and tour British Columbia, where they explored the mysticism of the prehistoric cultures. In September they settled in Mexico where they stayed, due to the outset of World War II and Alice abandoned writing to devote her life to painting. Mexico's colorful culture drove her to pick up the paintbrush and drop the fountain pen; she published her last collection of poems, Noir animal, in 1941. From that point forward she dedicated all her time to painting, heavily influenced by both her surroundings, as well as her husband. Paalen served as a promoter for her art; he founded and edited a magazine, Dyn, where some of her poems and illustrations are published.
Since 1944, she began exhibiting her works in Mexico, New York, San Francisco, Los Angeles, Paris, and Lebanon. In 1946 she wrote and choreographed a ballet, Ballet de Orión; she envisioned this show as a story of birth, revelation, and hope, and was inspired by her trip to India, astrology, and mythology. She worked on this project and others with her second husband, Edward Fitzgerald, a Canadian set designer, but it was a short and failed marriage, divorcing in 1947. Alice Rahon lived her final years painting, traveling, and visiting prominent artists like Anais Nin, Henry Miller, Octavio Paz, and others. She settled in her house Las Flores (The Flowers) in Acapulco, Mexico. After a harsh fall, she hurt her back and rejected any medical help, so she locked herself in her house. Alice Rahon has had two other major exhibitions: one in La Galeria de Arte Mexicano and the last—a dream come true— in el Palacio de Bellas Artes in 1986. After a harsh fall, she hurt her back and rejected any medical help, locking herself in her house. Following her last exhibition, she was admitted to an old people's nursing home where she died on in September of 1987 in Mexico City.
In the discussion of Alice Rahon as an artist, she must be remembered for the two roles she played: Rahon the writer and Rahon the painter. André Breton, the founder of the surrealist movement in Paris, praised her work as a writer, but this interaction with Breton and consequently, with surrealism launched her career as a painter. In her writing, Rahon blurs the line between the separation of her verses and her life. Many of her poems are autobiographical, and sometimes reveal intimate details about her life. But most importantly, her poetry is drenched with surrealistic imagery. One of her most evidently surrealistic poems emerges from the collection A même la terre (same land). It reads:



A woman who was beautiful

one day

ripped her face

her head was left smooth

blind and deaf

the coat of the mirrors

and the looks of love

In the reedbed of the sun

her head couldn’t be found

hatched by a hawk



The image of the woman ripping her face off and the head being hatched by a hawk resemble the surrealist paintings Breton admired. Similar to this untitled poem, her poetry usually resonates with a sense of sadness amidst the bizarre images. Although Rahon is mostly known for her paintings, her poetry is not to be ignored.
Wolfgang Paalen (1905-1959), her first husband, and André Breton (1896-1966) were very influential figures in her transition into the visual arts. Mexico also provided the space for Rahon to develop as a painter. One of the prominent images in her poetry and paintings is the unison of two rivers, which alludes to the union of humans and nature, as well as the natural separation between the two entities. On a lighter note, one might attribute this image to her lifelong commitment to swimming. Her paintings reflect her many travels in search of myths and anthropological objects. Caves, tribal pictorials, traditions, myths, and legends are plastered on her canvases, and undeniably, Mexico is the setting for most of the scenes she paints. The country did not only provide her with many friendships, but it was also a source of inspiration. Pyramids and volcanoes appear in her paintings and the explosion of color marks Mexico as an important place for her art. Resembling many cave paintings, Rahon’s works portray her obsession with the mythological and the ancient, and she manages to evoke both the past and a mystical future in her paintings.
Some of her most interesting works were created as homages to her artist friends: Anaïs Nin, Virginia Woolf, Wolfgang Paalen, André Breton and, of course, Frida Kahlo. For example, The Ballad for Frida Kahlo narrates various encounters they had. Emphasizing the tones of blue, green, and red speckled through out the painting, Rahon paints a magical scene with cats, giraffes, pyramids, and a Ferris wheel. Dark and somber, the painting stands as a magnificent tribute to their friendship and to Kahlo. She also dedicates one of her works to Wolfgang Paalen, entitled The Toucan and the rainbow (1967) because of his connection with a beautiful toucan whose beak was an unusual array of rainbow colors. This painting is an exposure of her masterful use of color.
Leaving behind many paintings and poems for the world, Alice Rahon demonstrated her talent in these two forms of art. Channeling her countless trips and her admiration of the past, she brings all to bear through her artwork, and she emerges as a mythical figure through the strokes of her paintbrush and the words from her pen.

In : http://faculty.hope.edu/andre/artistPages/rahon_bio.html




• Alice Philippot passe son enfance et sa jeunesse à Paris. Au début des années 1930, elle fréquente les surréalistes et rencontre le peintre autrichien Wolfgang Paalen. Ils se marient en 1934. En 1936 elle passa plusieurs mois en Inde avec Valentine Penrose, elles s'écrivent es poèmes d'amour. Le poème Muttra de Sablier couché et certains textes de Noir Animal se référent à l'expérience indienne partagée avec Valentine Penrose. En 1939 elle émigre au Mexique avec Wolfgang Paalen.
Après la publication de ce dernier recueil en 1941, elle abandonne l'écriture pour la peinture et adopte le nom de Rahon.
Son sourire et son expression sont éblouissants, éblouissants d'esprit, d'intelligence, de vie.
Ses peintures sont entièrement tirées de mondes souterrains, tandis que ses descriptions du Mexique sont violents de couleurs, de drames et de joies.

Anaïs Nin


In : http://www.femmespeintres.net/peintres/mini/rahon.htm




• Alice Marie-Yvonne Phillippot nace en el pequeño poblado de Chenecey-Buillon, cerca de la frontera con Suiza, el 8 de junio de 1904 Un grave accidente a los tres años la fuerza a permanecer inmovilizada durante largos períodos y la convierte en una persona contemplativa, amante de la lectura tanto como de la naturaleza.
En 1931 conoce al pintor austriaco Wolf-gang Paalen, y en compañía suya comienza a frecuentar a los surrealistas Se casan tres años más tarde Ella escribe poemas que publica bajo el nombre de Alice Paalen. En 1936 aparece À même la terre; en 1939, Sablier couché.
En enero de ese mismo año, Frida Kahlo viaja a París por invitación de André Breton Conoce a los Paalen Los invita a México Alice y Wolfgang aceptan la invitación pero no viajan a México directamente Dado el interés que ambos tienen por el arte de los pueblos aborígenes, visitan antes Canadá y la costa oeste de los Estados Unidos Llegan al aeropuerto de la Ciudad de México el 10 de septiembre.
El estallido de la guerra en Europa los sorprende aquí Deciden quedarse y alquilan una casa en San Ángel, cerca de donde viven Diego y Frida.
Paalen organiza con el poeta peruano César Moro, avecindado en México desde un año antes, y con Breton, desde Francia, la Exposición Internacional del Surrealismo que se inaugura en enero de 1940 en la Galería de Arte Mexicano (GAM) de Inés Amor.
Tres de las 108 obras que se presentan pertenecen a Alice Paalen Son las primeras que exhibe, tres acuarelas pintadas en México: La reina sin ojos; Du Jour au Lendemain y Rendez-Vous de Rivières En lo sucesivo, la pintura se convertirá en su actividad fundamental.
“Ella misma ha dicho –escribe Lourdes Andrade en Alice Rahon La magia de la mirada, un libro indispensable para quienes se interesen en conocer a la pintora– que fueron los colores de México los que la empujaron a cambiar la pluma por el pincel” La transmutación, como bien señala.
Andrade, no implica el abandono de la poesía, sino sólo su cultivo por otros medios.
Rahon presentó su primera exposición individual en la GAM en 1944, y al año siguiente empezó a mostrar su trabajo en Nueva York, Washington, San Francisco y Los Ángeles Hay mucha obra suya en Estados Unidos, tanto en museos como en colecciones particulares.
En 1947, al separarse de Wolfgang Paalen, comenzó a firmar como Alice Rahon (el apellido de su madre como soltera).
Alice Rahon presentó 13 exposiciones individuales en México entre 1944 y 1986 Ninguna de ellas tan amplia como la muestra que presentará el MAM, compuesta por cerca de 200 piezas (80 obras de la pintora, 10 de artistas vinculados a ella, y más de un centenar de fotografías, documentos, manuscritos y objetos personales) Por ello cabe saludarla desde ahora como un acontecimiento mayor Varios estudiosos de la obra de Rahon y de Paalen vendrán desde Europa para asistir a su apertura.
La responsable de su curación es Teresa Arcq, historiadora e investigadora especializada en el arte producido por pintoras surrealistas Fue invitada por el MAM cuando los herederos del archivo documental de Alice Rahon decidieron donarlo a ese museo hace un par de años –el proceso para ello se encuentra ya muy avanzado.
“Esta será la primera vez –explica la doctora Arcq, en entrevista con Proceso– que el espectador tendrá una visión tan amplia de la obra de Alice Rahon No se trata de una retrospectiva, aunque por supuesto se exhibirán ejemplos desde sus primeras obras hasta las últimas, sino más bien de una exposición temática, que busca construir núcleos para mostrar los diferentes temas que desarrolló a lo largo de toda su vida Es una visión de toda su vida como pintora que permite aproximarse a ella con un criterio diferente al cronológico.
“Hay muchas obras que nunca han sido expuestas, y entre los documentos que podrán apreciarse hay manuscritos de sus poemas, poemas inéditos, sus diarios de viaje a Alaska y a la India (fundamentales en su desarrollo como artista) Hay cartas con André Breton, Anaïs Nin, Valentine Penrose, Picasso (con quien Alice Rahon sostuvo un breve romance); un poema de Picasso escrito a raíz de su rompimiento.
“Creo que una aportación importante a nivel museográfico será el presentar como un diálogo continuo la pintura y la poesía de Alice Rahon (aquí publicó su último libro de poemas, Noir animal, en 1941) Así el visitante podrá apreciar mejor la correspondencia entre ambas formas creativas.
“Nuestro principal objetivo es sembrar en quienes vean la muestra el interés por la obra de esta artista, tan fecunda en los años cuarenta y cincuenta Despertar la curiosidad por la obra y la vida de esta artista sobre la cual hay mucho trabajo de campo pendiente Se ignora casi todo sobre su infancia y su adolescencia, porque el material de estudio que tenemos es a partir de su viaje a Alaska, de las acuarelas que comienza a hacer en México”.
Es hora, en verdad, de revalorar una obra que, por el ostracismo en que vivió su autora en la última parte de su vida, sólo conocen y recuerdan los interesados en las artes plásticas.
“Hacemos el cuadro, pero él también nos hace a nosotros”, le dijo Alice Rahon a Raquel Tibol, autora de una de las mejores aproximaciones a su obra2 –cuyo título reiteramos para encabezar esta nota– “La pintura pone en marcha fuerzas misteriosas La pintura tiene que ser y todavía es mágica”

In : http://www.proceso.com.mx/85566/alice-rahon-el-surrealismo-vigente




ALICE RAHON-PAALEN : 1904-1987

Poète et peintre Française

 

— 1904 : Naît à Chenecey-Buillon dans le Doubs ; enfance et jeunesse passées à Paris.

— Vers 1931 : , elle rencontre le peintre autrichien Wolfgang Paalen avec lequel elle se lie. Ils fréquentent ensemble le groupe surréaliste. Man Ray photographie Alice vers cette époque.

— 1934 : Elle épouse Paalen.

— 1936 : Devient officiellement membre du groupe surréaliste. Elle publie son premier recueil de poèmes À même la terre, aux Éditions Surréalistes. Liaison avec Picasso, qui lui dédie un poème. Paalen menace de se suicider. Par la suite, elle part en voyage aux Indes avecValentine Penrose. Les deux femmes se lient d'amitié intime et leurs poèmes se feront écho pendant plusieurs années.

— 1938 : Publie Sablier couché, plaquette de quelques poèmes aux Éditions Sagesse, avec une gravure de Miró.

— 1939 : Les Paalen émigrent au Mexique, par la côte Ouest des États-Unis et du Canada, où ils admi-rent et étudient l'art amérindien. 1940 Installés à Mexico, les Paalen participent à L'Exposition internationale du surréalisme à la Galeria de Arte mexicano.

— 1941 : Publie son dernier recueil de poèmes, Noir Animal, aux éditions Dolores La Rue. Désormais, elle se consacre presque entièrement à la peinture, n'écrivant que rarement.Adoptera le nom d'Alice Rahon.

— 1942 : Elle fonde la revue d'avant-garde d'art et de littérature, Dyn, dont les six numéros paraîtront de 1942 à 1945 et à laquelle Alice Rahon contribuera avec diverses illustrations et quelques textes, dont le remarquable Poème-tableau (Dyn I, 1942), composé d'une gouache, Le Sourire de la Mort (1939) et du petit poème : Le sourire de la mort couché sur le chemin inattendu comme le visage du retour

— Vers 1945 : Divorce

— Vers 1946-1947 : Remariage avec Edward Fitzgerald, qui a réalisé des décors pour Buñuel.

— Vers 1947 : Ils font ensemble un court métrage de marionnettes, intitulé Le Magicien.

— 1951 : Autoportrait en Alice au pays des merveilles.

— Années 50-60 : Série de tableaux-hommages à ses amis : 1956-1966 La Ballade de Frida Kahlo, 1960 : Le Pays de Paalen, le poème au même titre (1959), paraîtra dans Pleine Marge n° 4, 1986), 1967 : Homme traversé par une rivière/hommage à André Breton.

— Vers 1960 : Rahon et Fitzgerald divorcent.

— Vers 1968-1970 : Elle se retire définitivement dans sa maison de San Angel.

— Vers 1975 : Elle cesse de peindre. Un de ses tous derniers tableaux s'intitule Une géante nommée Solitude.

— 1986 : Grande exposition rétrospective à Mexico.

— 1987 : Meurt à Mexico.




À MÊME LA TERRE

Poèmes, Éditions surréalistes, 1936, Paris (extraits)

 

Une femme qui était belle

 

Une femme qui était belle

un jour

ôta son visage

sa tête devint lisse

aveugle et sourde

à l'abri des pièges des miroirs

et des regards de l'amour

 

entre les roseaux du soleil

on ne put trouver sa tête

couvée par un épervier

 

les secrets bien plus beaux

de n'avoir pas été dits

les mots pas écrits

les pas effacés

les cendres envolées sans nom

sans plaque de marbre

violant le souvenir

 

tant d'ailes à casser

avant la nuit