Jacques Courtois

(1621-1676)


Jacques Courtois, dit Le Bourguignon des batailles, naît à Saint-Hippolyte le 12 février 1621, il meurt à Rome le 14 novembre 1676.


• Arrivé vers l'âge de quinze ans en Italie, Courtois y fera toute sa carrière. Un temps soldat dans les troupes espagnoles, il étudie ensuite la peinture sous des maîtres obscurs, passe à Bologne, où il rencontre le Guide et l'Albane, à Florence, où il travaille avec Asselijn, puis à Sienne, où les sources le disent élève d'Astolfo Petrazzi. Vers 1640, il arrive à Rome, où il peint à fresque un plafond au couvent de S. Croce in Gerusalemme. Il fréquente le milieu des " Bamboccianti " ; sous l'influence de Cerquozzi et probablement de Salvator Rosa, dont la première Bataille connue est datée 1637, Courtois se spécialise dans la peinture de batailles, dont il deviendra le plus célèbre représentant en Europe, alors que son frère Guillaume, dans l'orbite de Pierre de Cortone, se consacrera plutôt à la peinture religieuse. Bien que la chronologie soit peu sûre (Courtois n'a presque jamais signé ou daté ses œuvres), ses premiers tableaux connus (Rome, Gal. Doria Pamphili et Gal. Capitoline) le montrent très proche des Bamboccianti comme Van Laer, Miel ou Cerquozzi, peignant avec timidité et précision, dans des mises en page traditionnelles où le groupe principal est placé sur un premier plan surélevé et la bataille reléguée au fond. Dans les années 1650, Courtois voyage ; il est employé à deux reprises (1652 et 1656-57) par Mathias de Médicis, gouverneur de Sienne (quatre grandes Batailles, Florence, Pitti), séjourne à Fribourg (1654-55), à Venise (peintures pour le palais Sagredo, en partie conservées dans la coll. Derby et à la Gg de Dresde). De retour à Rome, il entre dans l'ordre des Jésuites (décembre 1657) et continue à peindre des œuvres religieuses (fresques au Collegio Romano, 1658-1660 ; Martyre des quarante pères jésuites, Rome, Quirinal) et surtout des batailles, d'un format souvent important et librement exécutées (plusieurs à Munich, Alte Pin.). On lui doit la formule nouvelle du genre : au lieu des vues à vol d'oiseau minutieusement topographiques, au lieu des combats en frise, que la Renaissance avait empruntés aux bas-reliefs antiques et qu'affectionnaient encore A. Falcone et même S. Rosa, c'est une escarmouche de cavalerie à l'intérieur de laquelle le spectateur est entraîné. Courtois excelle à placer ces combats dans de larges paysages où la fumée des pistolets se fond dans des nuages délicatement colorés, qui peuvent même devenir le véritable sujet du tableau (Paysage avec voyageurs, Vaduz, coll. Liechtenstein).Il est aussi l'auteur de quelques estampes, de beaux dessins à la plume et au lavis de bistre (Louvre, British Museum, presque tous signés d'une croix). Si le nom de Courtois, à cause de son influence sur le développement du genre en France (Joseph Parrocel) et en Italie (Monti, Simonini), est facilement accolé à toute peinture de bataille, ses œuvres authentiques sont d'une haute qualité et justifient l'immense réputation qu'il eut de son temps et qu'attestent encore ses biographes du XVIIIe siècle, Pascoli et Dezallier d'Argenville.

In :  Dictionnaire Larousse de la peinture

• Etant allé fort jeune en Italie, il suivit une armée qui entrait en campagne et, pendant trois ans, il dessina les scènes de la vie militaire, les camps, les combats, les escarmouches, les marches, les sièges, en même temps que les paysages qui passaient sous ses yeux. De retour à Milan, il entra dans l'atelier d'un peintre nommé Jérôme. Le Guide, ayant vu chez cet artiste une étude de Courtois, d'après nature, voulut en connaître l'auteur et l'amena à Bologne. Ce fut là que Jacques se lia d'amitié avec 1'Albane. Quelques essais le firent connaître. Le public lui donna le surnom de Borgognone qui lui est resté. Sous l'influence du milieu dans lequel il vivait à Bologne, le peintre français négligea d'abord les batailles pour se lancer dans les sujets religieux et mythologiques, mais il ne tarda pas à se pénétrer de sa vocation. Courtois est un peintre militaire d'un talent très original. Ses figures n'ont rien d'antique ni d'idéal ; ce sont des cavaliers qu'il a étudiés dans l'armée du Milanais. En outre, comme il peignait du premier jet, il arrivait ainsi à donner à ses toiles un judicieux mouvement, une véritable furia.

Jacques Courtois, Le passage de la mer rouge
Jacques Courtois (1621-1676), Le passage de la Mer Rouge, coll. priv.

Le Louvre possède de cet artiste quatre combats de cavalerie d'un caractère éminemment personnel. (Larousse, Dict. ill.). Le musée de Besançon possède de lui : 1° Escarmouche de cavalerie, esquisse, toile de 0.21 X 0.37 ; 2° Combat de cavalerie, esquisse, toile de 0.21 x 0.37 (ces deux tableaux achetés en 1836 pour 75 fr. chacun) ; 3° Cavalerie franchissant un pont, toile de 0.15 X 0.22 ; 4° Mêlée de cavalerie, 0.15 X 0.22 (ces deux derniers donnés par Jean Gigoux).

In :  Les Hommes célèbres et les personnalités marquantes
de Franche-Comté. Du IVe siècle à nos jours
.  d'Émile Fourquet.

Jacques Courtois

– Filippo Baldinucci, Notizie de' professori del disegno da Cimabue in qua, 6 vol., Florence, 1681-1728, vol. VI, p. 417-426.

– Edward Holt, The Jesuit Battle-Painter:Jacques Courtois (le Bourguignon), in Apollo, no. 85, mars 1969, p. 212-223.

– Nathalie Lallemand-Buyssens, Jacques Courtois (1621-1676) n'était pas qu'un peintre de batailles, in Recherches en Histoire de l'Art, no. 6, 2007, p. 49-59.

– Nathalie Lallemand-Buyssens, Jacques Courtois et Salvator Rosa, in Salvator Rosa e il suo tempo, 1615-1673, Rome, 2010, p. 357-371.

– Nathalie Lallemand-Buyssens, Rome ou les deux vies de Jacques Courtois, in Bulletin de l'Association des Historiens de l'Art italien, no. 17, 2011, p. 99-105.

– Leone Pascoli, Vite de' pittori, scultori ed architetti moderni, 2 vol., Rome, 1730-1736, vol. I, p. 63-87.

– Francesco Alberto Salvagnini, I pittori Borgognoni (Courtois) e la loro casa in piazza di Spagna, Rome, éd. Fratelli Palombi, 1937.

– Jean-Marie Thiébaud, Officiers seigneuriaux et anciennes familles de Franche-Comté, 1981, tome 1er, p. 284-285

– Marco Horak, A Piacenza una tela del "Borgognone" il maggior interprete di scene di battaglia, in L'Urtiga - Quaderni di cultura piacentina, anno 2013, n. 3.

–Blondeau, L'œuvre de Jacques Courtois, dit le Bourguignon des Batailles, p. 114-156, Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, Ministère de l'instruction, 1914

In :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Courtois_(peintre)