art, artiste, sculpture, sculpteur, Franche-Comté

Max Claudet

Fécamp, 1840 - Salins-les-Bains, 1893


Max Claudet, né le 18 août 1840 à Fécamp (Seine-Maritime) et mort le 28 mai 1893 à Salins-les-Bains (Jura), est un sculpteur et céramiste français, actif à Salins-les-Bains.


• L'exposition Le Monde étrange de Max Claudet céramiste à Salins à la fin du XIXe siècle, organisée en collaboration avec l'association Les Amis du musée de Pontalier, est une évocation de l'art céramique foisonnant de Max Claudet à travers la présentation d'environ quatre-vingt oeuvres prêtées par des collectionneurs privés et le musée Max Claudet de Salins, actuellement fermé.
Le Salinois Max Claudet (1840 – 1893) exerce la profession de sculpteur lorsqu'il découvre la technique de la faïence à Nans-sous-Sainte-Anne. Cette commune du Doubs était alors peuplée d'une colonie d'artistes, où Courbet lui-même se rendait souvent. Lié à une famille de faïenciers, Claudet est initié à cette technique pendant quelques années, avant de se rapprocher de la faïencerie de Salins-Capucins qui, semble-t-il, se prête davantage à ses expérimentations. Il fait construire dès 1882 des fours dans sa propriété salinoise pour cuire une partie de ses pièces, avec le concours d'ouvriers de la fabrique. Cette activité l'occupa, parallèlement à la sculpture qu'il continue de pratiquer, pendant plus de vingt ans. Ses céramiques sont souvent des plats ou des plaques décoratifs ornés de véritables bas-reliefs et émaillés selon une technique particulière de son invention.
Des plats décoratifs de grande taille aux plaques plus modestes et aux vases, tous les supports sont bons pour développer une iconographie originale et éclectique. Certains de ses sujets, antiquisants et classiques, témoignent de sa formation académique, tandis qu'il adapte en céramique des sculptures plus personnelles, telles que Hoche enfant ou La Tricoteuse. Le Jura lui fournit une quantité de thèmes qu'il traite avec la même inventivité : ses concitoyens sont pour certains honorés (Louis Pasteur), pour d'autres caricaturés (Alfred Bouvet), et les paysages sont autant de motifs qu'il décline à l'infini. Enfin ce sont des coutumes locales aujourd'hui oubliées qu'il met en valeur, par exemple la Fête des Rois, ou bien encore les légendes de la Saint Nicolas et de la Vouivre. Claudet montre également dans son œuvre céramique un intérêt pour le monde de l'enfance qui lui fournit des sujets tendres, cocasses, mais aussi parfois terrifiants comme le Cabinet NoirMax Claudet, Le Cabinet noir. Enfin, les paysages d'AlgérieMax Claudet, Femmes d'Alger qu'il découvre à l'occasion d'un voyage influencent tout un pan de sa production des dernières années.

In : Dossier de presse de l'exposition qui se tint au musée de Pontrlier en 2010 :
Le Monde étrange de Max Claudet céramiste à Salins à la fin du XIXe siècle.




• Max Claudet naît le 18 août 1840 à Fécamp (Seine-Maritime) où son père est employé des douanes. Sa mère meurt en 1842 : il a alors deux ans et son père décide leur retour à Salins près de sa famille jurassienne. Max Claudet est élevé dans une grande liberté par son père veuf et choisit de devenir sculpteur.
Il suit d'abord les cours de l'École des beaux-arts de Dijon puis, en 1858, ceux de l'École des beaux-arts de Paris où il étudie la sculpture dans l'atelier de François Jouffroy. Malade, il interrompt ses études et rentre à Salins.
Il y installe son atelier et sculpte ses premières œuvres plutôt académiques avant de se lier avec l'homme de lettres et journaliste Max Buchon, salinois lui aussi, qui le fait connaître et oriente son travail vers une veine plus réaliste comme avec Le Vigneron taillant un échalas ou Le Porteur de vendange commencé en 1862. Max Buchon lui fait aussi rencontrer le célèbres peintre d'Ornans Gustave Courbet (il lui rend visite en 1864 et le reçoit plusieurs semaines quand Courbet vient peindre la source du Lison en 1866) et le sculpteur jurassien Joseph Perraud dont il devient l'ami et auprès duquel il complète sa formation.
Il expose régulièrement au Salon de Paris à partir de 1864 (par exemple Robespierre mourant en 1872, exemplaire en plâtre au musée de Poligny) et devient peu à peu une figure artistique de la région. Il se lie avec des personnalités franc-comtoises comme Louis Pasteur, qui sera le parrain de son fils Georges et dont Max Claudet réalisera plusieurs représentations (médaillon de terre cuite, plat céramique dit Plat Louis Pasteur).
Durant la Guerre de 1870, Max Claudet s'engage dans la garde mobile pour défendre sa ville et participe aux combats de Salins en janvier 1871. Affecté au fort Belin, il reçut le grade de maréchal des logis d'artillerie et son comportement valeureux lui valut la médaille militaire.
Après la guerre, il est chargé par la municipalité de la conception du Monument aux morts de la ville : il réalise une stèle agrémentée d'une statue de putt en fonte de fer tournée vers l'inscription « Patrie » et soutenant la tête monumentale d'une femme couronnée portant le blason de la ville.
Sa femme, Julie Besson qu'il épouse en 1879, l'initie à la céramique par ses contacts avec les ateliers de faïence installés à Salins depuis 1857. Il met au point ses propres techniques en travaillant avec la faïencerie de Nans-sous-Sainte-Anne et crée alors de nombreuses pièces émaillées (plats, plaques émaillées, objets décoratifs, vases) qui lui valent le qualificatif de « Palissy comtois ».