art, artiste, sculpture, sculpteur, Franche-Comté

Claude Arnoux dit Lullier

Gray, vers 1510 - Dole ?, 1580


Né à Gray (Haute-Saône), peut-être à Dole (Jura), vers 1510 ; mort au cours de l'année 1580. Fils présumé de Pierre Arnoux, dit le lapidaire, maçon, fixé à Gray.
Le principal imagier de la Renaissance franc-comtoise ; d'un ciseau un peu dur, mais hardi, il a su donner à ses œuvres un relief vigoureux et très personnel. Gollut, l'historien contemporain de la province, le désignait comme un «  excellent ouvrier-imageur  » et les Chifflet, lettrés et artistes, le proclamèrent l'émule de Polyclète. Ces éloges prouvent du moins qu'il n'avait pas alors de rival dans le pays. La première mention de son nom nous apprend qu'il habitait Dole en 1545. Son fils Guillaume lui succéda dans ses travaux, aidé d'un frère ou d'un oncle nommé Jean. Lulier paraît avoir été surtout un statuaire ; les parties ornementales de ses grands ouvrages ont de telles ressemblances avec celles que nous connaissons de son contemporain Denis le Rupt, qu'il en faut conclure a une étroite association, peut-être même à un atelier commun aux deux artistes.

In : Dictionnaire des Artistes et Ouvriers d'Art de la Franche-Comté
Abbé Paul Brune, 1912




Claude Arnoux dit Lullier (1515-1581) sa date de naissance à Gray ou Dole est approximative. Il fut le plus remarquable statuaire franc-comtois du xvie siécle. Fils présumé de Pierre Auroux, dit Le Lapidaire il aurait pris part à la construction de l'Hôtel de Ville de Gray de style Renaissance, et aurait travaillé à Dole de 1545 à 1579, associé au sculpteur Denis Le Rupt. Ses premiers travaux furent les Plans de la ville de Dole, tracé à la demande de Precipiano et du gouvemement, il réalisa ensuite deux anges et contribua au Ciboire de l'église de Jouhe (1549).

La Municipalité et la famille de Granvelle lui ayant confié plusieurs travaux, Lullier fit beaucoup de sculptures à Besançon. Il fut chargé de faire le bronze, l'Apothéose de Charles-Quint, assis sur l'aigle impérial tenant une épée de sa droite et le globe terrestre de l'autre, érigé pour Saint-Pierre, qui fut fondu à la Révolution.

De ses statues bisontines ne subsistent que Neptune chevauchant un dauphin, à la Fontaine des Carmes (1565) (sans trident et amputé l'avant-bras droit); la Sirène de la Fontaine des Dames, ne serait en fait qu'un moulage d'une œuvre de Lullier; elle fut placée sur la fontaine par Luc Breton en 1785.

On a de Lullier aussi, à Besançon : Triton soufflant dans une conque, à la fontaine du Bourg ou de la Poissonnerie (1560), Nymphe en pierre rose de Sampans, place Victor Hugo, (autrefois Saint-Quentin) et Bacchus enjambant un tonneau, à Battant (1579).

Parmi les œuvres disparues ou endommagées au fil des temps il y aurait le Jubé de la cathédrale Saint-Jean, exécuté entre 1550 et 1554. L'œuvre maîtresse de Lullier, le Tombeau des frères d'Andelot, est dans une chapelle de l'église de Pesmes. Pierre, abbé de Bellevaux et premier écuyer de Charles-Quint y sont représentés agenouillés.

On attribua à Lullier, le tombeau monumental en marbre de Sampans de la famille d'Andelot dans la chapelle de la Résie de l'église St. Hilaire de Rahon (Jura). Les statues de Jean, mort en 1556, en armure (en marbre clair et blanc), agenouillé, mains jointes ; son frère Pierre, abbé de Bellevaux, en marbre noir, placé devant lui. Sa femme est également agenouillée.

En l'église de Mont-sous-Vaudrey, la dalle du tombeau de Maximillien de Vaudrey et un marbre de Saint-Antoine seraient aussi de lui. Ajoutons : le buste en terre cuite de Gauthiot d'Ancier, cogouverneur nommé le « petit empereur » du musée de Gray, le Christ gisant, le beau groupe en marbre blanc, soutenu par deux angelots de l'église Notre Dame de Gray ainsi que La Sainte Vierge, Sainte-Anne et Saint-Antoine à l'église de Falletans (Jura).

Bon nombre d'œuvres de Lullier se perdirent. L'historien Gollut qualifia l'artiste d'« excellent ouvrier-imagier » et les Chifflet dirent de lui qu'il était « l'émule de Polyclète ».

Claude Lullier mourut en 1581. La municipalité de Besançon lui consacra une rue.

In : Raoul H. Steimlé, Francs-comtois célèbres et moins connus, L'Harmattan, 2014.