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Auguste Clésinger

(1814-1883)


Jean-Baptiste Auguste Clésinger, dit Auguste Clésinger, né le 22 octobre 1814 à Besançon et mort le 6 janvier 1883 à Paris, est un sculpteur à l'ambition aussi démesurée que son talent. Ses amours tumultueuses, son orgueil viscéral, la prolifération de ses œuvres en font un personnage parfois attachant quelquefois déplaisant… On lira ci-dessous avec intérêt et curiosité ce que dit de lui le peintre Jean Gigoux qui dresse un portrait mi-figue mi-raisin des Clésinger père et fils.


• Dans mon enfance, lorsque je suivais les cours de l'école de dessin de Besançon, il nous vint de Paris un nouveau professeur plein d'enthousiasmes et qui chauffait tant qu'il pouvait les froids et les indifférents. Il avait une nombreuse famille; car notre ami Clésinger était déjà son huitième enfant, je crois, et n'était pas le dernier. Le père Clésinger était lui-même sculpteur; il faisait de si grandes figures, et en telle quantité, qu'on ne les comptait plus. Mais, faut-il le dire? il prenait sans se gêner son bien où il le trouvait ; il moulait tout bonnement des bras, des jambes, des têtes sur des statues antiques; puis il en fabriquait ses figures et ses groupes, en quinze jours, un mois au plus. L'église de la Madeleine, de Besançon, témoigne de l'abondance irréfléchie du père Clésinger. Non seulement il ne se contentait pas d'y placer ses immenses plâtres, mais, afin de les mieux détacher sur un fond sombre, il avait encore persuadé à M. le curé de la nécessité de peindre en noir, en pur noir d'ivoire, les magnifiques chapelles si bien construites ! Vous voyez d'ici l'effet et s'il y avait de quoi s'enfuir !

Au surplus, le père Clésinger remplissait nos villages de ses œuvres; car il savait si bien prendre un air de componction en levant au ciel ses yeux à demi clos que les curés lui témoignaient autant de confiance que d'admiration.

Le fils ne le suivit point dans cette voie-là.

Il avait l'oeil sec, mais qui devenait caressant lorsqu'il regardait les gens dont il avait besoin. Il avait une belle figure et il était grand et bien proportionné.

Un jour, je reçus la visite d'un maréchal des logis de cuirassiers qui se présenta en me disant que, lorsqu'il était tout petit garçon, il m'avait vu souvent chez sou père. C'était mon Clésinger ! Je le reçus assez froidement ; car mademoiselle de Fauveau, que j'avais rencontrée un peu avant, à Florence, m'avait prévenu de sa visite prochaine, comme de celle d'un « affreux chenapan » !

Mademoiselle de Fauveau en savait long sur lui ; c'est elle, par exemple, qui m'apprit comment le cardinal de Rohan avait emmené le jeune Clésinger à Rome, en promettant à son père d'en faire un grand artiste. Mais le « chenapan » avait bien vite lassé la patience du bon cardinal.

Dans le cours de sa visite, il me dit que son général, le général Bougenel, avait bien voulu lui poser pour son buste et qu'il venait me prier d'aller voir son ouvrage. J'y allai et je trouvai justement le général dans l'atelier. Alors, sur quelques observations que je fis, Clésiuger me passa l'ébauchoir, de sorte que je lui démontrai de mon mieux ce que je venais de dire. Il en parut si content, que, depuis, il n'a plus voulu me quitter. J'essayai vainement de le faire entrer chez Pradier ou chez Duret, il ne voulut ni l'un ni l'autre. Il daigna pourtant accepter David, chez qui il demeura... oh ! pas longtemps ! un jour ! Après quoi, il me dit qu'il aimait mieux travailler à côté de moi, dans mon atelier.

Il faisait de très jolies ébauches d'après les figures de mes tableaux. Mais sa nature ne comportait pas l'application; je ne pouvais pas le décider à des études sérieuses, bien qu'il fût admirablement doué; — ce que je me gardais bien de lui dire; il se serait cru tout de suite un génie!

Il disait souvent au comte d'Orsay :

— « C'est M. Gigoux qui m'a appris tout ce que je sais ; je n'ai pas eu d'autre maître. »

Et moi de répondre invariablement

— « Oui ; seulement il n'a jamais voulu travailler. »

Une matinée, à Chambourcy, chez madame la duchesse de Grammont, il se mit à dessiner un des plus grands arbres du parc, ainsi que le fond et le ciel. Eh bien, c'était si poussé jusqu'au moindre détail et d'un si grand effet dans les masses, que nos amis Lalanne ou Troyon ne l'eussent pas dépassé. Cependant Clésinger eut encore le temps de courir par le parc et de causer avec tout le monde.

Dans ce temps-là, son art lui plaisait. Malheureusement, sa grande confiance en lui-même l'empêchait toujours de s'appliquer. Or, dans l'art, il arrive toujours un moment où la confiance en soi-même ne suffit plus; il faut être soutenu par le savoir et la science, sinon vous vous perdez dans le néant. Bientôt l'indifférence que vous rencontrez partout vous fait douter de vous-même, vous vous aigrissez et vous criez à la décadence des temps modernes !

C'est ce qui est arrivé à notre ami Clésinger. Le hasard me fit le rencontrer un soir au dîner franc-comtois des Gaudes. Eh bien, il ne m'entretint tout le temps que de sa haine contre l'époque et contre ses collègues plus en évidence que lui.

Quand Clésinger épousa mademoiselle Solange Sand, il était dans le beau moment de sa vie d'artiste encore pleine d'illusions. Il vint me demander si je voulais dîner avec lui et sa jeune femme. J'acceptai et je trouvai également Chopin, avec qui nous passâmes toute la soirée. Ni madame Clésinger ni Chopin ne dirent grand'chose. La parole était toujours à Clésinger; notez pourtant qu'il n'était ni éloquent ni orateur.

Un peu après, il vint me chercher de nouveau pour dlner ensemble. Mais, à la place de madame Solange je trouvai une autre dame, une de nos compatriotes, du reste, d'une grande beauté. Ai-je besoin d'ajouter que cette liaison-là ne dura pas plus que l'autre ?

Peu après, il invita un jour Charles Blanc à dîner avec lui au bois de Boulogne. Mais Charles Blanc ne trouva à la maison qu'une jeune femme en larmes. Clésinger était aussi absent que possible. Charles Blanc finit par prendre congé de la pauvre abandonnée, et, comme il ne connaissait pas Clésinger aussi bien que moi, il vint le lendemain me conter sa surprise, dégoûté de toutes ces misères.

In :  Jean Gigoux, Causeries sur les artistes de mon temps, Calman Levy, Paris, 1885.



• Clésinger (Jean-Baptiste, dit Auguste), fils du précédent [Georges-Philippe Clésinger], naquit à Besançon, le 20 octobre 1814. C’est dans une casemate qu’il serait venu au monde, alors que les alliés bombardaient la ville. Beau début pour un romantique! Tout jeune, il étudia avec son père qui, en 1832, l’emmena à Rome où il fut élève du sculpteur Thorwaldsen et de l’architecte Salvi. Après un séjour dans la ville éternelle, que des écarts de jeunesse l’obligèrent à écourter, il revint à Besançon et, de là, se rendit en Suisse.
On le retrouve à Paris en 1838. Cette même année, il s’engagea dans un régiment de cuirassiers en garnison à Melun. Bientôt, le général Bougenel, dont il avait fait le buste, le prit comme secrétaire et lui obtint l’autorisation de résider à Paris ; ce qui lui permit de continuer ses études. Il fréquentait alors le peintre Jean Gigoux, également originaire de Besançon. Sur sa recommandation, il entra dans l’atelier de David d’Angers, le 27 novembre 1839; mais pour y rester peu de temps, « un jour ! » selon Gigoux. Aussi, Clésinger répétait-il souvent : « C’est M. Gigoux qui m’a appris tout ce que je sais; je n’ai pas eu d’autre maitre. » Et le peintre répondait invariablement : « Oui, seulement il n’a jamais voulu travailler. »
En 1810, Clésinger alla de nouveau en Suisse, exécuta plusieurs bustes à Lausanne et vint s’installer quelque temps à Florence. Il y habitait encore, en 1843, lorsqu’il envoya pour la première fois une œuvre au Salon, un buste du vicomte Jules de Valdahon. L’année suivante, il était à Besançon, et enfin, en 1845, il demeurait à Paris, 2, rue Victor-Lemaire, et exposait le buste en marbre du duc de Nemours à qui il avait été présenté par M. de Magnoncourt, député du Doubs, et par M. Tourangin, préfet du même département. Cette commande officielle semble avoir grisé l’artiste déjà très porté à exagérer son mérite personnel. Une lettre, qu’il adressa avant l’ouverture du Salon à un ami, nous dévoile son grand amour pour la réclame et le soin qu’il mettait à s’attirer des partisans parmi les auteurs en vue et les critiques influents: « Je crois, écrivait-il, que je serai le premier au Salon de cette année, que je serai décoré, enfin que j’aurai acquis cette position tant souhaitée, tant jalousée et que seul j’aurai conquise à mon âge ; oui, je sacrifierai tout, car je sais que cela me conduit à la fortune et à la gloire. Vous pouvez vous faire une idée de la jalousie de mon rival M. P...; tout est mis en œuvre pour me faire échouer : promesses, offres d’exécuter pour rien ce que j’ai à faire, journalistes, femmes, etc., etc. Rien n’y manque. Heureusement que j’ai su me ménager aussi des admirateurs et de bons amis, et mon succès est assuré. J’ai su enlever à M. P... tous ses journaux, la Presse, M. Théophile Gauthier, qui est journellement à l’atelier et qui a dîné hier avec moi, M. Thoré du Constitutionnel. C’est moi qui ferai le feuilleton de la sculpture, car le journal appartient maintenant à Mosselmann et j’ai sa parole. Madame George Sand, pour la Revue indépendante, et M. de Lécluse, pour le Journal des Débats, ce dernier surtout, m’apprécient beaucoup. Patience, patience... Dans huit jours, je vais exposer six marbres clans mon atelier et y convier tous mes amis, Monseigneur le duc de Nemours, le duc de Montpensier, MM. les ministres; j’ai déjà reçu les visites des ambassadeurs d’Angleterre et d’Espagne ; ils reviendront ; enfin je suis au dernier échelon; j’arrive, j’arrive. »
En 1846, il fut récompensé par une médaille de troisième classe ; mais, c’est au Salon de 1847 qu’il remporta son premier grand succès avec la Femme piquée par le serpent. Cette statue en marbre, pour laquelle une jolie fille, actrice de l’Odéon, avait servi de modèle, fut fort admirée et reçut une médaille de deuxième classe. On vanta son réalisme, et les critiques firent paraître à son sujet des articles élogieux. Seul Gustave Planche se montra sévère : il accusa l’artiste d’avoir exposé un simple moulage; une œuvre offrant « des pauvretés, des détails mesquins que l’art sérieux dédaigne et néglige... » Aussi, le sculpteur se fâcha tout rouge et, malgré le respect qu’il avait de la presse, menaça de pourfendre l’écrivain qui dut promettre une rétractation. Vers cette époque, Clésinger travaillait à une statue de George Sand, lorsqu’il brigua la main de sa fille, Mademoiselle Solange-Gabrielle Dudevant. Grand, bien proportionné, doué d’une belle figure, « l’œil sec, mais qui devenait caressant lorsqu’il regardait les gens dont il avait besoin », il plut à la jeune fille. Le père, le baron Dudevant, eut quelque peine, au dire de George Sand, « à avaler le tailleur de pierre ». Néanmoins il céda, et le mariage fut célébré, en mai 1847, au château de Guillery, dans le Lot-et-Garonne. Cette union ne fut pas heureuse et aboutit, en 1852, à une séparation prononcée par les tribunaux contre le mari, « le sculpteur enragé », comme l’appelait sa belle-mère, plus assidu à l’atelier qu’au domicile conjugal.
En 1848, il exposait une figure de Bacchante couchée qui lui valut une médaille de première classe, et, lors de la Révolution, s’étant découvert soudain une âme d’ardent républicain. il sculptait pour le gouvernement un grand buste de la Liberté et une statue de la Fraternité qui fut érigée au Champ-de-Mars. Le 17 mai 1849, il était décoré de la Légion d’honneur. En 1852, il terminait d’après Rachel une statue de la Tragédie commandée par le ministre de l’Intérieur et adressait au prince président un buste du duc de Reichstadt, accompagné d’une lettre d’envoi où il le priait de vouloir bien ne pas l’exclure « d’une participation légitime » aux travaux qu’il faisait entreprendre « avec tant de sollicitude et de magnificence ». Deux ans plus tard, il modelait pour le compte de l’État une statue équestre de Francois Ier, de dimension colossale, et, le 19 février 1855, réclamait la visite de l’empereur à son atelier, lui seul pouvant « trancher les difficultés et les embarras où l’avait mis « le mauvais vouloir, ou tout au moins l’indifférence » des fonctionnaires de l’administration des Beaux-Arts. Cette statue, placée en 1856 dans la cour du Louvre, y resta jusqu’à la fin de l’année. Elle représentait un François Ier tout empanaché, dans une pose théâtrale, et montant un lourd cheval. L’oeuvre fut très critiquée. « Ça Francois Ier ? », dit le sculpteur Préault dont l’esprit mordant était bien connu, « mais c’est Mélingue! » On rapporta le propos à Clésinger qui, haussant les épaules, répondit aussitôt : « Laissez-moi donc tranquille avec votre Préault... Un homme qui sculpte ses mots et qui parle ses statues. » Et, en effet, Préault, le rival, la bête noire de Clésinger, discourait plus qu’il ne produisait, décrivant des œuvres qui, souvent, restaient à l’état de projets. Cependant, furieux de son insuccès, froissé dans son amour-propre, Clésinger prit la résolution de se retirer en Italie. Il alla se fixer à Rome où il s’efforça de mener l’existence fastueuse des grands artistes de la Renaissance, croyant augmenter sa notoriété en éblouissant de son luxe la société italienne. Quant à ses confrères, il les jugeait tout à fait inférieurs à lui : « J’ai vu à Rome tous les ateliers des sculpteurs, écrivait-il à sa sœur ; ils n’ont pas moitié de mon talent. »

Depuis plusieurs années, il se tenait éloigné des expositions, lorsque, craignant peut-être l’oubli et voulant attirer de nouveau en France l’attention sur son nom, il envoya de Rome huit marbres au Salon de 1859 et six autres sculptures au Salon de 1861. D’ailleurs, l’argent commençait à lui manquer, la vie de grand seigneur coûtant cher même en Italie. Le 21 mai 1862, il adressa à l’empereur une requête qu’il terminait ainsi : « Sire, le talent ne m’est pas contesté, mon ardeur au travail n’a point faibli, les sacrifices fait (sic) pour mon art ne m’ont jamais découragé, et me voici aujourd’hui, sans travail, sans ressources, condamné à chercher, hors du pays auquel je suis glorieux d’appartenir, l’emploi des facultés qui rendront peut-être dans l’avenir mon pays fier de moi. Quoi qu’il arrive, Sire! loin ou près, mon dévouement à Votre Majesté, ne faiblira jamais, et toujours je serai orgueilleux de m’intituler, de Votre Majesté le très humble et très fidèle sujet. »
En 1864, il était de retour à Paris. L’absence n’avait en rien modifié ses sentiments : très content de lui, il conservait pour les artistes, ses compatriotes, de l’amertume et du dédain. « Après un long séjour en Italie, disait-il dans une lettre, je reviens me fixer en France et j’y retrouve la foule compacte des médiocres qui, il y a des années, m’avaient forcé de m’éloigner, plus acharnés que jamais. Qu’ont-ils fait ? Où sont les monuments, les statues qui vivront dans l’avenir ? Rien ! Des plagiats, des œuvres sans style et sans couleur. Enfin une décadence complète, bien faite pour impressionner celui qui, comme moi, vient de passer des années à étudier les beautés de l’art antique. »
Le 15 août 1864, l’empereur le nommait officier de la Légion d’honneur. Le 26 octobre suivant, sa situation pécuniaire restant toujours assez précaire, il écrivait au comte de Nieuwerkerke : « Pans cette crise pénible, je m’adresse à vous, Monsieur le Comte, vous avez vu mon atelier à Rome, vous connaissez les marbres que j’ai aux Champs-Élysées, ne pourrais-je obtenir que le gouvernement achetât un de ces marbres ? Cela me sauverait d’une catastrophe imminente et me permettrait d’arriver jusqu’au printemps, époque où je compte faire une grande vente de mes œuvres, car plusieurs commissaires-priseurs estiment à plus de cent mille francs les marbres et les tableaux dont je puis actuellement disposer. J’ai tant travaillé et tant sacrifié à mon art qu’il me semble impossible que l’avenir me fasse défaut, mais il me faut surmonter le présent; c’est pour cela, Monsieur le Comte, que je m’adresse à vous, implorant et espérant votre protection. »
En 1869, il exposa au Salon une statue de Cléopatre qu’on accueillit sans grand enthousiasme. Et puis, ce fut la guerre de 1870. Alors, l’artiste, poussé par son amour du panache et se rappelant qu’il avait été soldat, revêtit un uniforme de colonel et se donna ainsi l’illusion d’étre utile à la France et à la République, à la République qu’il avait toujours aimée ; il le prétendait du moins depuis la chute de l’Empire. Après la guerre, il se remit au travail ; mais son talent paraissant démodé, et l’indifférence ayant succédé à la réclame tapageuse de jadis, le silence se fit autour de ses œuvres. Pourtant, l’administration des Beaux-Arts lui accorda encore une commande importante, quatre statues équestres représentant Marceau, Kléber, Hoche et Carnot, qui devaient décorer la façade de l’École militaire. Les trois premières seules furent achevées. Clésinger mourut subitement à Paris, d’une attaque de paralysie, le 5 janvier 1883, et fut inhumé deux jours après aux frais de l’État. En plus de ses nombreux ouvrages de sculpture, on lui doit quelques tableaux qui ont figuré dans les Salons. Ils n’ajoutent guère à sa réputation, malgré l’opinion de Théophile Gautier qui écrivait en 1859 : « Ces tableaux mettent pour nous le sculpteur Clésinger au premier rang parmi les paysagistes. »

In :  Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'Ecole française au dix-neuvième siècle.

Auguste Clésinger, Femme piquée par un serpent, musée d'Orsay, Paris
Auguste Clésinger (1814-1883), Femme piquée par un serpent, musée d'Orsay, Paris.


• Auguste Clésinger est le fils de Georges-Philippe Clésinger, lui-même sculpteur, qui le forme à l'école des beaux-arts de Besançon où il est professeur. Il a également été l'élève de Bertel Thorwaldsen.
Clésinger débute lors du Salon de Paris de 1843 avec un Buste du vicomte Jules de Valdahon. Sa dernière exposition aura lieu en 1864.
Il est l'auteur de nombreux bustes, notamment ceux de l'actrice Rachel Félix et de Théophile Gautier et la statue de Louise de Savoie de la série des Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg à Paris.
Clésinger provoque un scandale au Salon de 1847 en présentant sa Femme piquée par un serpent. Cette sculpture romantique est réalisée d'après un moulage fait sur Apollonie Sabatier, la muse de Charles Baudelaire, alors maîtresse du richissime industriel belge Alfred Mosselman et grand amateur d'art, qui a passé la commande.


Théophile Gautier écrit :


« Clésinger a résolu ce problème, de faire de la beauté sans mignardise, sans affectation, sans maniérisme, avec une tête et un corps de notre temps, où chacun peut reconnaître sa maîtresse si elle est belle »
Théophile Gautier, Salon de 1847

 

Clésinger séjourne à Barbizon où il a subi l'influence de Théodore Rousseau et de Charles Le Roux.
Le 16 mars 1846, Clésinger — qui a peut-être déjà remarqué dans un bal parisien Solange Dudevant — demande à George Sand, mère de Solange, la permission d'intituler l'une de ses statues Consuelo, titre d'un de ses romans. Elle accepte et invite le sculpteur au no 5 square d'Orléans à Paris. Solange est alors fiancée, mais décide de rompre pour épouser le sculpteur. Cet épisode joue un rôle important dans la vie familiale de George Sand, notamment dans ses relations avec Frédéric Chopin, qui est en désaccord avec le mariage. Clésinger offre à l'écrivain un exemplaire en bronze de son Faune Dansant, puis de sa Mélancolie, qui sont installés à Nohant.
Le 19 mai 1847, Clésinger et Solange Dudevant se marient à Nohant. Mais les relations se détériorent rapidement, au point que, le 11 juillet 1847, un début de rixe entre Auguste Clésinger et Maurice Dudevant, frère de Solange, aboutit à une rupture entre George Sand et le couple. Clésinger a des dettes ; les époux demandent vainement à George Sand d'hypothéquer son domaine familial. En revanche, une réconciliation a lieu entre les Clésinger et Chopin. Après la mort de Frédéric Chopin en octobre 1849, Clésinger sculpte le tombeau du compositeur (Paris, cimetière du Père-Lachaise).
Deux filles naissent de ce mariage : Jeanne-Gabrielle, le 28 février 1848, morte en bas âge. Une seconde fille, elle aussi nommée Jeanne-Gabrielle, surnommée « Nini », naît le 10 mai 1849 au château de Guillery à Pompiey. George Sand lui est très attachée, mais elle meurt peu après la séparation de ses parents, à Paris le 14 janvier 1855 d'une scarlatine mal soignée, à la suite d'une imprudence de son père.
En 1849, Clésinger reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur et est promu officier en 1864.
Il remarque les formes opulentes et sculpturales de Berthe de Courrière et en fait son modèle pour le buste de Marianne conservé au Sénat à Paris, ainsi que pour la statue colossale de La République de l'Exposition universelle de 1878.
Auguste Clésinger meurt le 6 janvier 1883 à son domicile parisien, au no 6 rue de la Chaise dans le 7e arrondissement. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise, où l'une de ses œuvres, Eutherpe (1850) orne le Monument funéraire de Frédéric Chopin. À sa mort, Berthe de Courrière est instituée sa légataire universelle.
Une rue de Besançon, dans le quartier de Montrapon-Fontaine-Écu, porte son nom.

In :  Wikipedia : Clésinger



• Jean-Baptiste Clésinger dit Auguste, est né à Besançon en 1814. Son père, Georges Philippe, est lui-même sculpteur. C’est lui qui fait l’éducation artistique de son fils.
Le jeune Clésinger débute au Salon de Paris en 1843 avec un buste du vicomte Jules de Valdahon. On lui doit des bustes de la grande tragédienne Rachel et de l’auteur du Capitaine Fracasse, Théophile Gautier entre autres. Il est aussi l’auteur de la statue de Louise de Savoie que l’on peut voir au Jardin du Luxembourg.
Au Salon de 1847, il fait scandale avec son œuvre La Femme mordue par un serpent. Scandale orchestré par Théophile Gautier, qui répand la rumeur selon laquelle la fonte pour la statue a été prise de la vie.
Son modèle est Apollonie Sabatier appelée par Charles Baudelaire « une fille qui rit trop ». Cette œuvre exerce une influence durable, les sculpteurs commencent alors à rendre le corps féminin plus réaliste et proche de la nature.
Delacroix, dans son journal du 7 mai 1847, décrit cette oeuvre comme un « Daguerréotype de la sculpture ». Cependant, la marée montante du réalisme de la nudité trouve son apogée avec des sculptures telles que Après l’automne de Delplanche, et la Jeune Tarentine de Schoenewerk. Il faut attendre la Bacchante de Mathurin Moreau pour renouer avec cette exigence.

On lui doit aussi de nombreuses sculptures en marbre représentant des animaux, telle le Combat de Taureaux romains (Italie 1856). Ces créations lui valent de multiples éloges. On lui doit également le monument de Gustave Flaubert au Jardin du Luxembourg, ainsi que la statue de la sépulture de Frédéric Chopin au cimetière du Père Lachaise.
La même année, il épouse Solange, fille de George Sand, deuxième enfant de l’auteur de la Petite Fadette. De cette union naît en 1849, une petite fille, Jeanne, à laquelle George Sand voue une grande adoration. Mais, très rapidement, les choses s’enveniment entre la mère et la fille, et c’est la rupture, dont fera les frais Frédéric Chopin, partisan et soutient de Solange.
Sa liaison avec l’écrivain tournera court. Clésinger et son épouse se séparent violemment, leur petite fille en sera exclue de leur vie et mourra de la scarlatine en pension en 1855. Solange entame alors une vie dissolue allant d’aventure en aventure avec de riches amants qui l’entretiennent.
Clésinger reçoit en 1849, la Croix de la Légion d’Honneur, il devient Officier dans l’Ordre en 1864.
Il a une liaison restée célèbre avec Berthe de Courrières aventurière et illuminée notoire. Rémy de Gourmont lui succède dans les faveurs de la dame, qui sera leur légataire universelle à tous deux. Cet état de chose aura pour effet de les réunir dans la même sépulture.
Auguste Clésinger fait sa dernière exposition en 1864.
Il meurt à Paris en 1883.

In :  Les Amis et Passionnés du Père-Lachaise



• Sculpteur et peintre français (né à Besançon le 20 octobre 1814, décédé à Paris le 5 janvier 1883), fils du sculpteur Georges Clésinger, Auguste Clésinger étudie la sculpture, avec son père qui l’emmène à Rome, à l’âge dix-huit ans. Dans cette ville, Clésinger suit l’enseignement du sculpteur Thorwaldsen.
Il rentre en France et rejoint Paris, en 1838 (après un séjour en Suisse), pour s’engager dans un régiment de cuirassiers en garnison, à Melun. Il devient le secrétaire du général Bougenel, (dont il avait fait le buste) qui lui obtient l'autorisation de résider à Paris et de continuer ses études.
Sur recommandation du peintre Jean Gigoux, originaire lui aussi de Besançon, il entre dans l'atelier de David d'Angers, en 1839, sans y rester bien longtemps.
Entre 1840 et 1841, il travaille en Suisse, à Lausanne, et produit plusieurs bustes : Le docteur Sécretan ; Le général Laharpe, …
Puis, il séjourne à Florence, d’où il envoie un buste de Jules Valdahon pour sa première participation au Salon (1843).
En 1847, il se marie avec la fille de Georges Sand et du baron Dudevant (une séparation suivit cinq ans plus tard).
Clésinger reçoit quelques commandes de l’Etat : la Tragédie (portrait de la comédienne Rachel), une statue équestre de Francois 1er (érigée dans la cour du Louvre et très critiquée, cette œuvre n’y resta que quelques mois), Louise de Savoie (Jardin du Luxembourg), la Fraternité (érigé sur le Champ de Mars).
Déçu par le manque de succès de ses œuvres, Clésinger s’exile en Italie de 1856 à 1864. A partir de 1859, il envoie régulièrement ses œuvres au Salon.
Sur le tard, il reçoit une commande pour l’Ecole militaire de quatre statues équestres pour la façade de l'École militaire, à Paris. Les statues de Marceau, Hoche et Kléber ont été livrées et celle de Carnot ne fut pas terminée.
Il est l’auteur de plusieurs portraits et bustes : Frédéric Chopin ; Ledru-Rollin ; Théophile Gautier (grand admirateur de Clésinger) ; Achille Fould ; Eugène Scribe ; George Sand ; Mac-Mahon ; le maréchal Sébastiani ; le duc de Nemours ; le duc de Reichstadt.
Il travaille pour les églises de Saint Sulpice (Deux anges agenouillés, Pieta), de Saint Pierre – Saint Paul à Villeneuve le roi (Buste de la Vierge), Saint Pierre à Besançon (La Vierge et l'Enfant Jésus).
Clésinger est aussi épisodiquement, sculpteur animalier : Taureau aux prises avec un loup ; Taureau vainqueur, Combat de taureaux romains, Buffle et bison, Taureau vainqueur, Deux lions.
En tant que peintre, il présente quelques tableaux dans les Salons.
Il obtient une médaille de troisième classe en 1846, une médaille de deuxième classe en 1847 (Femme piquée par un serpent), une médaille de première classe en 1848 (Bacchante couchée).
Il est décoré de la Légion d’honneur en 1849, nommé officier, en 1864.

In :  Wikiphidias



Œuvres d'Auguste Clésinger dans les collections publiques :

En France
Aix-en-Provence, cour de l'école nationale d'arts et métiers :

Monument à Adolphe Thiers, 1879, statue en pierre.
Amiens, musée de Picardie :

Léda et le cygne, 1864, groupe en marbre.
Besançon, musée des beaux-arts et d'archéologie :

Combat de taureaux romains, 1857, plâtre patiné ;

Néréide, 1869, groupe en marbre ; Salomé, 1876, buste en plâtre patiné ;

Herodiade, 1876, buste en plâtre patiné ;

Louis d'Orléans (1814-1896), duc de Nemour, buste en marbre.
Châlons-en-Champagne, musée des beaux-arts et d'archéologie :

Sapho, 1854, plâtre.
Paris :

Cimetière du Père-Lachaise : Monument funéraire de Frédéric Chopin, 1850.

Église Saint-Sulpice, chapelle des Âmes du Purgatoire : Pietà, groupe en plâtre.

Jardin du Luxembourg : Louise de Savoie, 1847, statue en pierre ; Gustave Flaubert, buste en pierre.

Musée de la vie romantique : Portrait de Solange Dudevant-Clésinger, 1849, dessin ; George Sand, 1847, marbre ; Autoportrait, 1847, marbre ; Main gauche de Frédéric Chopin, 1847, plâtre ; Bras de George Sand, 1847, plâtre.

Musée d'Orsay : Femme piquée par un serpent, 1847, statue en marbre ; Hercule enfant étouffant les serpents de l'Envie, 1857, bronze ; Femme à la rose, 1865, bronze ; Madame Apollonie Sabatier, 1847, marbre.

Petit Palais : Bacchante, 1848, marbre
Périgueux, musée d'art et d'archéologie du Périgord :

Andromède, 1869, marbre.

 

En Suisse
Fribourg, Fondation Marcello :

Buste de Marcello.